Actualisé 23.04.2019 à 05:52

Genève

Bambins obligés de payer pour voir leur propre show

Le Conservatoire populaire n'offre pas de places aux petits danseurs de son spectacle biennal. Des parents sont fâchés. La direction s'explique.

de
Jérôme Faas
Les enfants se produiront au Bâtiment des Forces Motrices.

Les enfants se produiront au Bâtiment des Forces Motrices.

iStock

La pilule passe mal. Les parents des quelque 200 mômes qui se produiront les 24, 25 et 26 mai en première partie du spectacle de danse du Conservatoire populaire de musique (CPM) ont appris mardi passé la nouvelle: si les enfants (6-10 ans) veulent assister à la fin du spectacle dans le public, ils devront acheter un billet.

«C'est scandaleux, juge une maman. Les petits passent des heures à préparer ce spectacle de promotion du CPM. Les parents aident bénévolement durant les répétitions. Est-il normal qu'en plus de leur propre place (ndlr: à 25, 30 ou 35 fr.), ils doivent payer pour leurs enfants (15, 20 ou 25 fr.)?»

Directeur adjoint chargé des finances, Alfonso Gomez comprend les parents «qui s'investissent et paient des écolages», mais défend le choix de la direction. «Ce spectacle a lieu tous les deux ans. Il est très important pour le CPM, mais n'est pas financé par la subvention, et le Bâtiment des Forces Motrices (BFM) coûte très cher.» Le budget (75 000 fr.) repose sur la billetterie, offrir 360 tickets aux jeunes danseurs c'est perdre au moins 5400 fr. «C'est énorme, juge Alfonso Gomez. La question s'est posée de savoir à qui on donnait des billets. On a d'abord pensé installer les enfants tout en haut. Puis on a eu l'idée de la répétition générale, gratuite, où ils pourront s'asseoir aux meilleures places.» L'argument financier n'émeut pas les parents frondeurs. «Le BFM est cher? Mais on n'a rien demandé! Une salle plus petite ou une aula d'école auraient très bien convenu.»

Ecran géant en coulisses

Les parents pouvaient acheter leurs billets depuis le 1er avril. Or, ils ont appris le 16 seulement que les danseurs devraient payer. Le hic: les places étant numérotées, les petits ne pourront pas être près d'eux. Alfonso Gomez explique que c'est le BFM qui a conseillé de numéroter les places. «Par le passé, le placement libre avait créé des tensions entre spectateurs à cause des sièges non payés, réservés avec des habits à l'entracte.» Les enfants peuvent aussi assister gratuitement à la répétition générale. En outre, une solution médiane a été trouvée pour le spectacle: les élèves n'étant pas sur scène pourront voir leurs camarades sur grand écran en coulisses, avec les commentaires d'un enseignant.

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