Actualisé 01.04.2008 à 13:16

«Banderole de la honte»: la Suisse plutôt épargnée

L'affaire de la banderole injurieuse envers les Ch'tis déployée samedi au Stade de France ne cesse de faire des vagues. En Suisse, si les clubs maîtrisent plus ou moins la situation, difficile d'éviter certains dérapages.

Quatre jours après le déploiement de la «banderole de la honte» dans le Stade de France lors de la finale de la Coupe de la Ligue entre Lens et le Paris-SG, les condamnations sont unanimes dans le monde sportif et politique français. Les grands moyens sont mis en oeuvre pour mettre la main sur les auteurs de la banderole. Et prendre des sanctions sévères à leur encontre. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a déclaré mardi sur LCI qu'elle avait déclenché «les éléments de procédure qui pourraient conduire à une interdiction de stade» des groupes de supporters à l'origine de la banderole injurieuse.

Propos racistes, sexistes ou injurieux: tout ne peut pas s'écrire sur une banderole. En Suisse, les dérapages sont plutôt isolés. Dernier incident en date: le 10 février, lors d'une rencontre entre le FC Thoune et le FC Sion, un supporter valaisan a déployé une banderole de mauvais goût. «Nous on perce des tunnels, vous des adolescentes», disait l'affiche insultante faisant référence au scandale qui a touché le club bernois l'an dernier. «C'est un geste idiot», commente Edmond Isoz, le directeur de la Swiss Football League. «Les Thounois ont adopté la bonne stratégie et ont décidé de ne pas réagir.» Pas plus qu'ils n'ont dénoncé le cas à la Ligue.

Mesures spéciales pour les matches à risques

«A ce jour, nous n'avons jamais eu de problème de banderoles sexistes ou racistes comparable à l'incident en France.» Pour éviter ce type de dérapage, la ligue a mis au point un arsenal législatif important. Les mesures en vigueur correspondent à ce qui fonctionne en Europe. Les concepts de sécurité sont ainsi adaptés suivant les rencontres. «Dans les matches à risques, tous les spectateurs du secteur visiteur doivent être fouillés. Tout comme ceux du secteur fan de l'équipe recevante», explique Edmond Isoz. Pour entrer une banderole dans un stade, un supporter doit en faire une demande comme le stipule le règlement de la Swiss Football League. Mais la ligue est consciente que des supporters mal intentionnés peuvent passer entre les mailles du filet. Toujours est-il qu'en Suisse, ce sont les clubs qui reçoivent qui assument la responsabilité du match. Sauf lors de la finale de la Coupe de Suisse, rencontre organisée par l'Association suisse de football (ASF).

Didier Bender

A Xamax, dialogue privilégié

A Neuchâtel, les contrôles à l’entrée au stade sont stricts. «Nous vérifions tout ce qui pénètre dans le stade», confirme Fernando Martins, responsable sécurité à Neuchâtel Xamax. «Nous lisons toutes les banderoles. Et si nous estimons qu’il y a une phrase diffamatoire ou des propos racistes et insultants, nous ne la laissons pas entrer dans l’enceinte.»

Xamax a poussé plus loin sa réflexion pour endiguer d’éventuels phénomènes de violence verbale en instaurant un dialogue permanent avec ses deux groupes de supporters. Le club du président Bernasconi été le premier en Suisse à établir une charte en collaboration avec ses groupes de fans. «La politique de Xamax est de tout mettre en œuvre pour éviter que ça arrive. Car en cas de problème, l’affaire peut être portée devant la commission disciplinaire de la Swiss Football League. Et le club peut se voir infliger une amende». Tout fauteur de trouble risque une interdiction de stade allant jusqu’à 10 ans. A Neuchâtel, une petite poignée de fauteurs de trouble – moins d’une dizaine de personnes - est sous le coup d’une interdiction de stade.

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