Thaïlande: Bangkok à feu et à sang, 50 Suisses «otages»
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ThaïlandeBangkok à feu et à sang, 50 Suisses «otages»

Une série d'explosions à la grenade a frappé jeudi le quartier des affaires à Bangkok, faisant un tué et au moins 56 blessés, dont des étrangers.

La capitale a essuyé une vague d'attentats violents.

La capitale a essuyé une vague d'attentats violents.

Ces violences sont intervenues dans un contexte de tension accrue et alors que deux groupes de manifestants antagonistes se faisaient face.

«Les premières informations font état d'un mort et 56 blessés» au total, a indiqué le ministre de la Santé, Jurin Laksanavisith. Selon une source diplomatique, un Japonais et un Australien comptent parmi les blessés.

Interrogé par l'ATS, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué ne pas avoir connaissance de blessés suisses. Il déconseille désormais aux touristes suisses de se rendre dans la capitale thaïlandaise.

Face à ces nouveaux développements, le Premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, a convoqué une réunion d'urgence des responsables de la sécurité, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Panitan Wattanayagorn.

Souhait

L'armée a de son côté confirmé que les explosions venaient bien de grenades. «Cinq M79 ont explosé dans trois endroits différents», a indiqué le colonel Sunsern Kaewkumnerd, porte-parole de l'armée. La plupart des blessés ont été victimes d'éclats.

Des «sans couleurs», manifestants qui soutiennent le gouvernement, faisaient face aux «chemises rouges», qui exigent au contraire sa démission depuis la mi-mars et contrôlent un important quartier touristique et commercial de la ville.

Deux premières explosions ont retenti à quelques centaines de mètres derrière les «sans couleurs» peu avant 20h30 locales (15h30 en Suisse). «L'armée est intervenue pour faire passer une ambulance. Un étranger a été sorti de derrière une petite rue, sur un brancard», a indiqué un photographe de l'AFP sur place.

Enquête

Une journaliste de l'agence sur place a ensuite fait état d'une troisième forte explosion. «Des centaines de 'sans couleur' agitaient des drapeaux et semblaient de bonne humeur lorsque l'explosion a retenti. Un homme est tombé sur la route, deux autres sur le trottoir», a-t-elle témoigné.

Une heure et demie après la première déflagration, des enquêteurs parcouraient déjà la zone avec des lampes à la recherche d'indices.

Depuis lundi, les «rouges» font face à des soldats armés de fusils d'assaut qui ont pris position pour les empêcher d'étendre encore leur territoire. Mais ils sont aussi rejoints chaque soir par des centaines de manifestants pro-gouvernement, exaspérés par leur mouvement, et avec lesquels ils échangent insultes, jets de pierres et jets de bouteilles.

Suggestion

«J'étais près de la police quand j'ai vu comme du feu venir vers moi. Ça allait trop vite, je n'ai pas pu m'enfuir», a indiqué à une télévision locale un homme blessé au dos.

Avant cette attaque, l'armée thaïlandaise avait elle émis des messages contradictoires jeudi, laissant entendre qu'une intervention musclée était imminente pour disperser les manifestants antigouvernementaux. Son chef, Anupong Paojinda, avait ensuite répété vouloir éviter le bain de sang.

Interrogé sur une possible opération dès jeudi soir pour disperser les «rouges», le colonel Sunsern a répondu par la négative. «C'est impossible, une opération de nuit est dangereuse», a-t-il dit.

Manifestation prévue

La tension semblait retombée après les explosions, la plupart des «sans couleurs» ayant quitté les lieux, laissant de nouveau face à face militaires en armes et «chemises rouges». Dans le ciel de Bangkok, des hélicoptères patrouillaient.

Les partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra insistent pour obtenir la dissolution immédiate du parlement et le départ du Premier ministre Abhisit.

Les tensions pourraient s'accroître à l'approche du week-end dans la capitale thaïlandaise, où un groupe de partisans du gouvernement espère rassembler 50'000 personnes lors d'une grande manifestation vendredi pour exprimer leur opposition aux «chemises rouges».

(ats)

Suisses bloqués

Le voyagiste suisse Hotelplan a indiqué jeudi soir avoir 50 clients à Bangkok. Ils seront assistés sur place et des solutions pour poursuivre voyage leur sont proposées.

Tous les clients d'Hotelplan qui ont prévu de transiter ou de séjourner dans la capitale thaïlandaise d'ici dimanche peuvent être acheminés directement et sans frais supplémentaires vers leur destination balnéaire, a indiqué jeudi dans la soirée le groupe dans un communiqué. Ceux qui n'ont prévu qu'un séjour à Bangkok peuvent l'annuler gratuitement.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a déconseillé jeudi aux touristes suisses de se rendre à Bangkok après les explosions à la grenade qui ont fait 3 tués au total.

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