Bangladesh: des milliers de rescapés menacés par la faim
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Bangladesh: des milliers de rescapés menacés par la faim

Les secours ont atteint mercredi tous les districts du sud du Bangladesh ravagés il y a une semaine par le cyclone Sidr, qui a fait des milliers morts.

Mais les opérations sont lentes pour les millions de rescapés dont beaucoup risquent de mourir de faim.

L'aide arrivait depuis mardi au compte-gouttes pour les quatre millions de sinistrés du pire cyclone depuis seize ans au Bangladesh. «Nous avons été partout avec du matériel de secours et nous poursuivons partout nos opérations de secours», a assuré le commandant Emdadul Islam de la salle de contrôle des forces armées, qui recense les victimes de Sidr.

Le nombre de morts s'élève officiellement à 3447, mais il va encore augmenter, a-t-il prévenu. Le Croissant-Rouge bangladais a de son côté fait état de 5000 à 10 000 victimes. Reprenant les bilans des autorités, l'ONU a fait état de 2062 personnes portées disparues, présumées décédées, et de 6611 blessés.

Destructions «inimaginables»

Sidr a aussi provoqué des destructions «inimaginables» a déclaré Fakhruddin Ahmed, le chef du gouvernement intérimaire de ce pays déshérité d'Asie du Sud, régulièrement frappé par des catastrophes naturelles et aujourd'hui en «crise nationale».

Plus de 300 000 maisons en bambou ou en paille ont été balayées et 626 000 endommagées par des vents à 240 km/h et des vagues de six mètres de haut.

Pour tenter de juguler une catastrophe humanitaire et amorcer la reconstruction, la communauté internationale a promis près de 400 millions de dollars, dont 100 millions par l'Arabie saoudite et 250 millions par la banque mondiale. Washington a dépêché sur place deux navires transportant près de 3500 militaires et plus de 30 hélicoptères.

Maintenir les rescapés en vie

Le gouvernement de transition, au pouvoir depuis janvier sous l'état d'urgence, a mobilisé ses forces armées qui ont envoyé dix navires, douze hélicoptères et 3000 troupes au sol.

«Notre toute première préoccupation, c'est de maintenir en vie ces centaines de milliers de gens dans les prochaines semaines», a déclaré le commandant de la marine Bashir Ahmed. «Ces gens ont impérativement besoin de vivres, d'eau potable et de vêtements. Si nous échouons, ce sera une catastrophe», a-t-il prévenu.

Dans le Sud côtier dévasté, les routes ont été dégagées des milliers d'arbres arrachés qui les bloquaient, permettant aux secouristes et militaires de distribuer des vivres, de l'eau et des médicaments à des populations jusque là coupées du monde.

Mais «nous avons demandé à chaque fonctionnaire, travailleur humanitaire, journaliste de nous prévenir si jamais certaines zones n'avaient pas encore reçu d'aide», a indiqué le commandant Islam. Car ces derniers jours, beaucoup se plaignent de n'avoir aperçu aucun sauveteur, disant n'avoir rien à boire, encore moins à manger.

Mais «personne ne devrait mourir de faim puisque le gouvernement a assez de stocks de vivres», a assuré le chef de l'armée, le général Moeen U Ahmed.

Enfants

La moitié des rescapés sont des enfants, dont 400 000 ont moins de cinq ans et sont particulièrement exposés aux infections, a averti l'UNICEF. Selon Heather Blackwell, de l'ONG britannique Oxfam, «il faudra des mois aux Bangladais avant de retrouver une vie normale».

L'activité de la pêche a particulièrement souffert et Dacca redoute de graves conséquences économiques dans ce pays rural dont 40 % de la population vit avec moins d'un dollar par jour. (ats)

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