Actualisé 15.07.2010 à 14:44

Affaire BettencourtBanier, touche à tout et figure du Tout-Paris

Son carnet d'adresses regorge de noms de stars et d'influentes personnalités: FMB, accusé d'abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt, est un artiste touche à tout, figure du Tout-Paris.

FMB a 16 ans seulement lorsqu'il rencontre le peintre Salvador Dali.

FMB a 16 ans seulement lorsqu'il rencontre le peintre Salvador Dali.

Né en 1947 d'une mère franco-italienne et d'un père hongrois publicitaire, FMB -comme l'ont surnommé les médias- a quitté tôt l'école et le domicile familial, dans le XVIe arrondissement de Paris, pour se faire une place auprès des noms les plus en vue du monde de l'art et du spectacle.

Adolescent frondeur, il a 16 ans seulement lorsqu'il rencontre le peintre Salvador Dali, à qui il présente plusieurs de ses dessins. A 22 ans à peine paraît son premier roman, «Les résidences secondaires», publié chez Grasset.

«L'être le plus fou l'on puisse rencontrer»

François Mauriac est alors sous le charme. Louis Aragon aussi. «C'est l'être le plus fou, le plus généreux, le plus drôle que l'on puisse rencontrer», écrit le poète dans un article des Lettres françaises.

Séduisant, provocateur, Banier joue volontiers de son physique de jeune éphèbe et de son goût pour les bons mots pour s'introduire en plus haut lieu. Plusieurs mécènes le prennent sous leur aile, dont Marie-Laure de Noailles, Pierre Cardin et Pierre Bergé.

Photographe des stars

A partir des années 1970, le peintre-écrivain se met à la photographie. D'abord en tâtonnant, puis avec boulimie. Accédant au statut de photographe des stars, il immortalise tour à tour Samuel Beckett, Isabelle Adjani, Sophie Marceau, Caroline de Monaco, François Mitterrand, Ray Charles et Johnny Depp.

De quoi le ranger définitivement dans la catégorie des artistes mondains? François-Marie Banier, qui a exposé à Rome, Tokyo, Rio de Janeiro, Buenos Aires ou bien Los Angeles, préfère se dire mondial. Et assure avoir pris ses distances avec l'univers de la jet-set et le gratin germanopratin.

Confortablement installé dans son hôtel particulier du VIème arrondissement de Paris, le photographe cultive pourtant ses relations avec les grandes fortunes, dont Liliane Bettencourt, 87 ans, rencontrée en 1969 avec son mari André Bettencourt lors d'un dîner chez le journaliste Pierre Lazareff.

«Intérêts financiers en jeu»

Selon le photographe et la milliardaire, cette complicité au long cours s'assoit sur une convergence de tempéraments. D'après la fille de la riche héritière, Françoise Bettencourt-Meyers, des intérêts financiers sont également en jeu.

Contrats d'assurance-vie, chèques, tableaux de maîtres... Le photographe des stars, selon elle, se serait fait remettre près d'un milliard d'euros de dons, dans les années 1990 et 2000, en profitant de la fragilité psychologique de l'octogénaire. Une thèse fermement démentie par l'intéressé, qui assure que ces cadeaux lui ont été consentis par une «femme brillante et libre».

Poursuivi pour abus de faiblesse, le photographe devait être jugé dans cette affaire début juillet par la 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre. Mais son procès a été renvoyé sine die, en raison des rebondissements suscités par la divulgation des écoutes de conversations entre Mme Bettencourt et ses proches.

Des doutes quant à l'île d'Arros

Ces enregistrements, réalisés entre mai 2009 et mai 2010, suggèrent notamment que Mme Bettencourt aurait fait l'acquisition avec son mari, décédé en 2007, de l'île d'Arros, située aux Seychelles, sans l'avoir déclaré au Fisc. Toujours selon ces écoutes, elle aurait depuis cédé l'île à M. Banier.

L'écrivain-photographe a fait l'objet en 2009 d'un redressement fiscal. Selon son avocat, Me Hervé Témime, cette procédure concernait toutefois des dons «à des amis proches», sans lien «avec des avoirs à l'étranger». (afp)

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