Banlieues: «De la voyoucratie!»

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Banlieues: «De la voyoucratie!»

Le président Nicolas Sarkozy a estimé jeudi matin que «ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel» (Val d'Oise), qui a connu deux nuits de violences urbaines, «n'a rien à voir avec une crise sociale.

Ca a tout à voir avec la voyoucratie».

«La réponse aux émeutiers, ce n'est pas plus d'argent sur le dos des contribuables, c'est l'arrestation des émeutiers», a lancé le chef de l'Etat devant 2.000 policiers et gendarmes réunis à La Défense (Hauts-de-Seine).

«La situation des banlieues est un enjeu majeur pour notre pays», a toutefois reconnu M. Sarkozy qui a rappelé que le plan Banlieues préparé par Christine Boutin et Fadela Amara serait présenté fin janvier. «On va donner plus à ceux qui veulent s'en sortir honnêtement», a-t-il promis. Mais «on va également donner plus à ceux qui ne veulent pas», a-t-il ironisé à l'adresse des forces de l'ordre.

Dans un discours musclé au cours duquel il a évoqué les «bandes d'enragés», Nicolas Sarkozy a aussi appelé les forces de l'ordre à ne «lésiner sur aucun moyen» pour retrouver les auteurs de tirs contre la police. «Je souhaite (...) des sanctions à la hauteur de ce qu'ils ont fait», a demandé le président, qui s'exprimait notamment devant la ministre de la Justice Rachida Dati. Il en a profité pour saluer les peines de prison ferme prononcées en comparution immédiate à l'encontre de certains auteurs des violences qui ont agité la commune de Villiers-le-Bel.

Sur place, plusieurs centaines de personnes ont participé à une marche funèbre derrière le corbillard transportant le corps de Mohsin Sehhouli, un des deux adolescents décédés dimanche dans un accident avec une voiture de police, qui sera enterré au Maroc. Un drapeau français a été déployé sur le véhicule et les participants tenaient une banderole avec l'inscription «justice et vérité».

Son compagnon Lakamy Samoura, 15 ans, sera lui inhumé au Sénégal, pays que ses parents ont quitté pour la France en 1966, selon Jean Chevais, l'avocat de la famille.

Revenant sur les circonstances de la mort des deux garçons, le président a réaffirmé que «la justice doit établir la vérité et elle sera établie». «Nous n'avons rien à cacher.»

Nicolas Sarkozy a aussi souligné les «drames» évités au cours des violences à Villiers-le-Bel en raison de l'attitude des policiers qui ont «fait un travail remarquable». Il a notamment demandé à la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie d'identifier et de récompenser le gradé qui a demandé aux policiers de ne pas faire usage de leurs armes, dimanche soir, quand les premiers heurts ont éclaté. (ap)

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