Votations 13 février: tout sur l’initiative «enfants sans tabac»
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Votations du 13 févrierBannir la publicité sur le tabac pour les jeunes? Les enjeux en bref

Les Suisses doivent se prononcer le 13 février sur l’initiative «enfants sans tabac» qui veut interdire strictement toute pub pour les produits du tabac afin de protéger les mineurs. «20 minutes» vous l’explique en détail.

par
Christine Talos
L’initiative populaire «Enfants sans tabac», au vote le 13 février, demande que toute publicité sur le tabac qui puisse être vue par un mineur soit interdite. De telles affiches disparaîtraient donc en Suisse. 

L’initiative populaire «Enfants sans tabac», au vote le 13 février, demande que toute publicité sur le tabac qui puisse être vue par un mineur soit interdite. De telles affiches disparaîtraient donc en Suisse.

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Le 13 février, les Suisses devront se prononcer sur l’initiative populaire «Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac» lancé en 2019 par les principales organisations suisses de la santé, comme la Fédération des médecins suisses ou la Ligue suisse contre le cancer. Pour le Conseil fédéral, le texte va trop loin et il lui a opposé un contre-projet indirect. On décortique tout ça.

La publicité pour le tabac n’est-elle pas déjà interdite en Suisse?

Non, la publicité pour le tabac est actuellement partiellement autorisée. Elle ne doit pas s’adresser directement à des mineurs, ni être diffusée à la radio et à la télévision. Et certains cantons ont adopté des règles plus strictes en interdisant la pub sur des affiches ou dans les cinémas.

Qu’est-ce qui changerait en cas de oui?

Si l’initiative surnommée «Enfants sans tabac» passait, toute publicité qui puisse être vue par un mineur serait interdite en Suisse. Elle serait bannie de la presse tout public, des affiches, dans la rue, de nombreux sites Internet, du cinéma, des kiosques ou des manifestations. Seule la publicité qui s’adresse uniquement aux adultes, par exemple dans les e-mails ou les prospectus ciblés, serait autorisée.

Les mêmes règles s'appliqueraient aux cigarettes électroniques.

Qui est pour l’interdiction de la pub pour le tabac, et pourquoi?

Les partisans du texte, soit la gauche politique, l’ensemble du corps médical, et les associations de jeunesse et de sport, rappellent qu’une personne sur quatre fume en Suisse, soit 2 millions de personnes. Or, la majeure partie d’entre elles ont commencé avant leurs 18 ans. Et des recherches ont montré clairement que la publicité incitait les jeunes à fumer.

Le comité d’initiative rappelle aussi que le tabagisme est la plus grande cause de décès évitable en Suisse. Il entraîne chaque année 9500 morts et coûte 4 à 5 milliards de francs à la collectivité en termes de santé.

Qui est contre l’interdiction de la pub pour le tabac, et pourquoi?

La Confédération reconnaît la nocivité du tabagisme et les coûts qui lui sont liés en termes de santé. Tant le Parlement que le Conseil fédéral disent aussi vouloir protéger les mineurs en restreignant la publicité. Mais ils préfèrent le faire via la loi sur les produits du tabac, moins restrictive, qui sert de contre-projet indirect (lire ci-dessous).

Les milieux économiques et la droite politique ne veulent pas non plus de cette initiative, qu’ils voient comme une atteinte à la liberté de commerce. Selon eux, elle ne tient pas assez compte des intérêts des entreprises et de la presse écrite, des manifestations culturelles ou sportives qui profitent tous de publicités ou de parrainages de l’industrie du tabac. Ils estiment qu’il s’agit d’une interdiction totale déguisée, alors que le tabac reste un produit légal en Suisse. Ils dénoncent aussi une «société de l’interdit, où la responsabilité individuelle est en forte diminution».

Une nouvelle loi en guise de contre-projet

Si l’initiative est refusée, elle sera automatiquement remplacée par son contre-projet indirect, soit la loi sur les produits du tabac.

Celle-ci interdira la pub dans les cinémas, sur les affiches, les places de sports, les bâtiments publics, et dans les transports publics. La publicité qui s’adresse directement aux mineurs restera interdite. En revanche, elle resterait autorisée dans la presse, dans les kiosques, lors de manifestations ou encore sur internet, sauf si elle cible directement les jeunes.

Insuffisant pour les initiants, qui estiment que ce sont justement les journaux gratuits et les réseaux sociaux qui sont privilégiés par l’industrie du tabac pour toucher les jeunes.

A noter que la nouvelle loi entrera en vigueur quel que soit le résultat du 13 février. Si l’initiative passe, le volet consacré à la pub sera simplement adapté en conséquence.

Tout savoir sur la votation du 13 février

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