Banque bernée par les clients fantômes d’une start-up

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États-UnisBanque de renom bernée par une start-up aux clients fantômes

L’acquisition de la fintech Frank par JP Morgan Chase a tourné au vinaigre après la découverte d’une clientèle bidon.

Charlie Javice, fondatrice de Frank.

Charlie Javice, fondatrice de Frank.

dr/pexel/photomontage

JP Morgan Chase, No 1 de la banque aux États-Unis, est en procès contre Frank, start-up rachetée pour 175 millions de dollars en 2021. Selon les accusations relayées par Forbes, sa fondatrice Charlie Javice a survendu la popularité de son logiciel spécialisé dans les prêts pour étudiants. Elle revendiquait 4 millions de clients, alors qu’il y en avait à peine 300’000.

Une fois l’accord de rachat conclu, JP Morgan Chase avait demandé à Frank sa liste pour commercialiser différents produits et services. Charlie Javice s’est d’abord tournée vers un ingénieur à l’interne, qui a refusé de gonfler la liste, puis elle s’est adressée à un professeur spécialisé dans les données. Ce dernier aurait touché 18’000 dollars pour créer 4 millions de faux comptes clients, alors qu’une société de marketing recevait 105’000 dollars pour fournir les données d’étudiants.

C’est par la suite, en procédant à une campagne test de marketing, que JP Morgan a pu constater l’étendue de la supercherie: à peine un quart des e-mails arrivaient à destination et seulement 1% étaient ouverts.

La start-up Frank a déposé une plainte en parallèle contre la banque, l’accusant «d’enquêtes sans fondement sur la conduite» de sa fondatrice. Dans le cadre du rachat, Charlie Javice avait obtenu un poste de directrice chez JP Morgan, près de 10 millions de dollars et une prime ultérieure de 20 millions de dollars «si elle restait en règle». Elle a fini par être licenciée en novembre passé, un mois après son directeur en charge de la croissance.

(laf)

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