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EconomieBanque Migros a vu son bénéfice reculer en 2016

L'établissement du premier détaillant helvétique a dû procéder à des correctifs de valeur sur des crédits commerciaux.

Dans un contexte de taux négatifs et de pression sur les marges, la Banque Migros s'estime bien positionnée pour son exercice 2017.

Dans un contexte de taux négatifs et de pression sur les marges, la Banque Migros s'estime bien positionnée pour son exercice 2017.

Keystone

La Banque Migros a fait les frais d'un environnement de marché difficile l'an passé. Sous le coup de revenus en baisse et de correctifs de valeur sur des crédits commerciaux, l'établissement du premier détaillant helvétique a vu son bénéfice net chuter de 5,2% au regard de 2015, à 215 millions de francs.

Considérés dans leur ensemble, les revenus se sont contractés de 3,1% à 575 millions de francs, a indiqué mardi la Banque Migros. Devant la presse à Zurich, son directeur général, Harald Nedwed, a notamment expliqué le repli par la diminution nette des produits d'intérêts de 3% à 446 millions.

Alors que le produit brut des opérations porteuses d'intérêts a augmenté de 1,2% à 461 millions de francs, la performance nette s'est détériorée du fait de correctifs de valeur de 19,2 millions de francs sur des crédits octroyés à des petites et moyennes entreprises (PME), a expliqué M. Nedwed. Les coûts risques sont cependant restés inférieurs à 0,5% du volume total des prêts.

Nettement moins conséquents que les opérations d'intérêts, les revenus issus du négoce ont, eux, dégringolé de 13,5% à 34 millions de francs. En 2015, l'abandon à mi-janvier du taux plancher liant franc et euro par la Banque nationale suisse (BNS) avait entraîné un nombre exceptionnellement élevé de transactions en monnaies étrangères, a rappelé M. Nedwed.

Charges en hausse

Quant aux opérations de commissions et prestations de services, elles ont rapporté 89 millions de francs, 1,6% de plus qu'en 2015. Côté charges, ces dernières ont globalement augmenté de 1% à 278,5 millions de francs, conséquence du développement de l'activité de base de l'établissement.

Alors que l'effectif a diminué de sept postes à 1327 emplois à temps plein, les charges liées au personnel ont crû de 1,5% à 173,7 millions de francs. Les autres frais d'exploitation sont restés quasiment stables ( 0,3%), à 104,8 millions.

Au final, le résultat d'exploitation est ressorti à 266,2 millions de francs, en retrait de 7,5% par rapport à 2015. Si la chute du bénéfice net s'est révélée moindre, la Banque Migros le doit à un gain de 7 millions provenant essentiellement de la vente d'un immeuble à Lucerne.

A fin décembre, la Banque Migros affichait une somme de bilan de 42,7 milliards de francs, en progression de 1,2% sur un an. Le volume des fonds de la clientèle se montait à 33,5 milliards ( 1,3%). Celui des crédits hypothécaires a lui aussi augmenté à 34,2 milliards, une hausse de 1,9% inférieure à celle du marché.

Conditions d'octroi plus flexibles

Dans un environnement concurrentiel particulièrement compétitif, la Banque Migros est demeurée fidèle à sa politique prudente d'octroi de crédits immobiliers. Alors que Raiffeisen a suscité le débat en évoquant une baisse du taux d'intérêt calculatoire utilisé pour déterminer la capacité des preneurs d'hypothèques, la Banque Migros n'entend pas suivre cette voie.

Actuellement, le taux d'intérêt calculatoire, lequel vise à prendre en compte d' éventuelles variations à la hausse des taux d'intérêt, se situe à 4,5%. A long terme, il ne fait pas de doute que ces derniers vont de nouveau augmenter, a ajouté M. Nedwed.

La Banque Migros entend cependant faire preuve d'une flexibilité accrue sur d'autres critères en matière d'octroi de crédits hypothécaires. Il existe ainsi une marge de manoeuvre au niveau du calcul des charges et des frais d'entretien ou de l'évaluation du revenu disponible, a dit M. Nedwed.

Dans son activité de gestion de fortune, la Banque Migros a pu gagner de nouveaux mandats, ces derniers ayant augmenté d'une année sur l'autre de 10,9%. Le nombre de clients a en revanche diminué de 1,1%, à 819'700.

Réorganisation

A l'issue de l'exercice sous revue, la Banque Migros comptait 67 succursales soit une de plus par rapport à 2015, après son implantation à Meyrin (GE). L'établissement prévoit d'ouvrir une nouvelle filiale cette année à Meilen (ZH).

L'établissement du géant orange a entamé l'exercice 2017 avec une structure organisationnelle remaniée, avec quelques changements au niveau de la répartition des activités au sein de la direction générale. La banque a ainsi fusionné les segments des clientèles privée et premium, gage d'une proximité accrue avec ses clients.

Dans un contexte de taux négatifs et de pression sur les marges, la Banque Migros s'estime bien positionnée pour son exercice 2017. Elle entend aussi tirer profit de sa réorganisation pour développer son activité dans les opérations de placement ainsi que dans le domaine de la clientèle commerciale. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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