Armes à sous-munitions: Banques suisses critiquées
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Armes à sous-munitionsBanques suisses critiquées

Dans le monde entier, 138 instituts financiers font des affaires avec des sociétés qui développent et produisent des bombes à sous-munitions. Deux banques suisses figurent sur la liste publiée jeudi à Londres par l'organisation Handicap International.

Il s'agit de l'UBS et du Credit Suisse. A l'heure actuelle, quelque 20 milliards de dollars sont injectés au niveau mondial dans cette branche, a indiqué Ueli Anken, le porte-parole de la section suisse de Handicap International, jeudi devant les médias à Zurich.

Le rapport publié en anglais et intitulé «Les investissements internationaux dans les bombes à sous-munitions - une responsabilité partagée» estime que l'UBS investit actuellement 465 millions et le Credit Suisse 437 millions dans cette branche. Ces banques soutiennent ainsi huit fabricants.

La liste publiée n'est pas exhaustive. D'autres sociétés financières suisses sont vraisemblablement impliquées dans ce commerce, ajoute M. Anken.

Financement bientôt interdit?

La Suisse est l'un des premiers pays à avoir signé l'accord d'Oslo visant à interdire les armes à sous-munitions. Le texte prévoit de prohiber leur emploi, production, stockage et transmission. «Cela signifie que tout financement doit aussi être interdit», exige M.Anken.

Pour cela, il faudrait une législation claire. Un signal positif a déjà été donné par le Conseil des Etats. La chambre des cantons a accepté une motion en faveur d'une interdiction totale des investissments dans la production de ces bombes. Le National doit encore se prononcer.

«Nous ne refusons pas de travailler avec une entreprise pour la simple et bonne raison qu'elle est active dans l'industrie de l'armement», a indiqué le Credit Suisse dans une réaction écrite. Selon la banque, le rapport d'Handicap International montre qu'elle ne joue pas, en comparaison d'autres banques internationales, un rôle important dans ce secteur.

(ats)

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