Washington: Barack Obama prête serment une seconde fois
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WashingtonBarack Obama prête serment une seconde fois

Barack Obama a prêté serment lundi pour un second mandat de quatre ans à la tête des Etats-Unis, face à une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes rassemblées au centre de Washington.

Lors de son discours d'investiture, Barack Obama a exhorté lundi la classe politique à surmonter ses divisions. Il a mis l'accent sur la prospérité nécessaire, à ses yeux, de la classe moyenne aux Etats-Unis et évoqué une «oeuvre imparfaite» en parlant de son second mandat.

«La prospérité de l'Amérique doit reposer sur les larges épaules de la classe moyenne», a déclaré le président américain, réélu le 6 novembre face au républicain Mitt Romney, en inaugurant son second et dernier mandat à la Maison blanche.

«Nous ne pouvons nous méprendre en instituant l'absolutisme comme principe, en substituant le spectacle à la politique, ou en faisant de l'échange d'injures un débat raisonnable», a ajouté Barack Obama lors de la cérémonie d'investiture au Capitole de Washington, devant 700'000 spectateurs.

Pas de triomphalisme

«Nous devons agir, sachant que notre oeuvre sera imparfaite», a dit encore le président démocrate, loin du triomphalisme qui avait dominé son investiture en 2009, quand 1,8 millions de personnes étaient venues assister au début officiel de son premier mandat.

Depuis, l'enthousiasme des partisans du premier président afro-américain de l'histoire des Etats-Unis a été tempéré par le niveau toujours élevé du chômage, la hausse régulière de la dette publique et le difficile retrait des troupes américaines d'Afghanistan.

Cette année, Barack Obama, âgé de 51 ans, a déjà été investi dimanche en privé à la Maison blanche, avant de répéter lundi les 35 mots du serment présidentiel devant le président de la Cour suprême, John Roberts.

Depuis un siècle, la tradition veut en effet que lorsque le 20 janvier tombe un dimanche, le président est officiellement investi ce jour-ci, puis participe à une nouvelle cérémonie le lendemain au Capitole.

Nombreux sujets

Au cours de son discours, le président a ensuite évoqué de nombreux sujets, comme le changement climatique, l'immigration et la nécessité de soutenir une évolution démocratique dans les pays de Moyen-Orient, à la suite des révolutions du 'Printemps arabe'.

Après la cérémonie, Barack Obama et son épouse Michelle devaient rejoindre Joe Biden et sa femme Jill pour un déjeuner au Capitole. Les deux couples participeront ensuite au traditionnel défilé et les Obama ouvriront ensuite deux bals devant les caméras et l'essentiel des commentaires devrait alors porter sur la tenue de la 'first lady'.

Propositions le 12 février

Barack Obama devrait réserver ses propositions plus détaillées à son discours sur l'état de l'Union, qu'il prononcera devant le Congrès le 12 février. La réduction des déficits, le contrôle des armes à feu, la réforme de l'immigration et la politique énergétique seront probablement les priorités affichées par le président démocrate.

Beyoncé illumine la cérémonie d'investiture:

(ats)

Après les politesses, les républicains préparent la bataille

Excellent sur la forme, mais loin de résoudre les tensions sur le fond. Pour les adversaires républicains du président, le discours d'investiture de lundi annonce une politique plus marquée à gauche, malgré les appels traditionnels au consensus.

«Excellent discours, très bonne exécution», admet dans un sourire l'ancien candidat républicain à la présidentielle de 2008 John McCain, dans les couloirs du Capitole où, comme les autres sénateurs, il s'est réfugié du froid quelques minutes après la fin de la cérémonie. Mais «il n'y a eu que très peu de main tendue à l'autre camp».

«C'est le huitième (discours d'investiture) auquel j'assiste, et chacun d'eux comportait un passage où ils expliquaient qu'il était temps pour les républicains et les démocrates de travailler ensemble», ajoute-t-il, presque agacé de devoir commenter les appels à l'unité du président.

En 2008, sa campagne avait produit une publicité moquant Barack Obama comme un excellent orateur, et «la plus grande célébrité du monde». Plus loin, l'ancien président de la Chambre, Newt Gingrich, s'amuse à lancer des fleurs à Barack Obama, auteur d'un très bon texte, même s'il le trouve un peu court.

Mais l'aile droite des républicains n'a pas tardé à critiquer les chantiers annoncés par Barack Obama pour le mandat qui s'ouvre, notamment la réforme de l'immigration, la défense des programmes sociaux et le changement climatique.

«Il va pousser le pays à gauche, et nous allons faire en sorte de le ramener à droite», lance Tim Scott, un nouveau sénateur proche des ultra-conservateurs du «tea party», à plusieurs journalistes alors que le président s'apprête à déjeuner, un étage au-dessus. «On va assister à une lutte acharnée».

Beaucoup admirent l'«élégance» du président, à l'instar de Jeff Sessions, un sénateur de l'Alabama (sud). Mais rien n'y fait, «le président affirme sans équivoque qu'il croit que l'Etat est bon, qu'il doit être renforcé, qu'il doit plus réglementer, et que plus d'Etat pousse l'innovation et la prospérité. A ce stade de l'histoire, je ne peux pas être d'accord», conclut-il.

La plupart des élus n'ont pas publiquement réagi, au-delà de tweets ou de communiqués de félicitations, mais les débats des prochaines semaines leur en donneront pleinement l'occasion. Dès mardi, le Congrès débattera du relèvement du plafond de la dette, et les premiers textes sur les ventes d'armes pourraient être déposés.

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