Actualisé 25.03.2012 à 06:36

Corées

Barack Obama sur la frontière des deux Corées

Le président américain a visité dimanche la zone qui sépare les deux pays, à la veille d'un sommet sur le nucléaire.

Barack Obama a passé dix minutes sur une plateforme d'observation située entre les deux Corées et a échangé quelques mots avec les soldats

Barack Obama a passé dix minutes sur une plateforme d'observation située entre les deux Corées et a échangé quelques mots avec les soldats

Barack Obama s'est rendu dimanche dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées, à la veille d'un sommet consacré au nucléaire. Cette visite visait à la fois à manifester la solidarité de Washington à la Corée du Sud et adresser un message de fermeté au nouveau dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

«Vous êtes à la frontière de la liberté», a dit le président des Etats-Unis à une cinquantaine de militaires entassés dans le mess du Camp Bonifas. «Le contraste entre la Corée du Sud et la Corée du Nord ne peut pas être plus éclatant, plus évident» qu'ici, a souligné le président en se disant «fier» de ses troupes.

M. Obama a ensuite passé dix minutes sur une plateforme d'observation donnant sur la frontière la plus militarisée du monde. Il a échangé quelques mots avec les soldats de faction tandis que les drapeaux des Etats-Unis, de la Corée du Sud et des Nations unies battaient bruyamment dans un vent froid.

Deuil au Nord

Côté Nord, un immense drapeau du régime stalinien était descendu à mi-mât pour marquer le centième jour après la mort de Kim Jong-Il, qui a succombé à une crise cardiaque en décembre après avoir dirigé le pays d'une main de fer pendant 17 ans. Son fils Kim Jong-Un lui a succédé.

M. Obama a ensuite regagné Séoul pour des entretiens avec son homologue sud-coréen Lee Myung-Bak. Les deux hommes devaient donner une conférence de presse dans la soirée. M. Obama s'entretiendra également pendant le sommet, lundi et mardi, avec ses homologues chinois Hu Jintao et russe Dimitri Medvedev.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le Premier ministre français François Fillon et le conseiller fédéral Didier Burkhalter participent à la réunion. Le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) doit se rendre dans la zone démilitarisé de Panmunjom lundi, où il rencontrera la délégation suisse de la Commission de supervision des nations neutres (NNSC) en Corée.

Tension accrue

La visite de Barack Obama à la DMZ - au parfum de Guerre froide - intervient dans un contexte de tension accrue sur la péninsule coréenne. Le régime communiste de Pyongyang a prévu officiellement de lancer un satellite, ce qui est interprété comme un tir de missile par les observateurs, au milieu du mois d'avril.

Les préparatifs du lancement «sont entrés dans une phase d'action totale», a annoncé samedi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères nord-coréen.

Cette initiative est perçue à Washington comme une violation manifeste des engagements pris en février par la Corée du Nord au sujet d'un arrêt de ses tirs de missiles, de ses essais nucléaires et de ses activités d'enrichissement d'uranium. Cela pourrait conduire les Etats-Unis à ne pas reprendre leur aide alimentaire à la Corée du Nord.

Le Japon, lui, a ordonné vendredi la préparation de ses systèmes de défense antimissiles, capable de détruire la fusée si jamais elle menaçait l'archipel.

Appels à Moscou et Pékin

L'annonce de Pyongyang a placé au second plan les objectifs du sommet de Séoul, le deuxième à se tenir sur ce thème après celui de 2010 à Washington. Ce sommet cherche à mettre en sécurité les matières fissiles qui peuvent être utilisées, si elles tombent dans de mauvaises mains, pour la fabrication de bombes terroristes.

A l'occasion du sommet de Séoul, Barack Obama prévoit d'inviter les dirigeants russes et chinois à exercer des pressions sur la Corée du Nord afin qu'elle ne procède pas à ce tir de missile.

Ni la Corée du Nord ni l'Iran n'ont été invités et ils ne figurent pas non plus au programme officiel de ce sommet. Les programmes nucléaires de ces deux pays devraient toutefois être au coeur des entretiens bilatéraux qu'aura le président des Etats-Unis en marge de ce sommet de deux jours. (ats)

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