Actualisé 27.10.2019 à 18:16

CatalogneBarcelone envahie par les anti-indépendantistes

Des dizaines de milliers de Catalans partisans de l'unité de l'Espagne ont défilé dimanche à Barcelone.

Les manifestants anti-indépendantistes ont dénoncé la stratégie de confrontation des indépendantistes et les violences qui ont suivi la condamnation de dirigeants séparatistes.

Les manifestants, que la police municipale a évalué à 80'000, ont descendu l'élégante avenue du paseo de Gracia, brandissant des drapeaux espagnols et catalans, et criant «ça suffit» ou «les rues sont à tout le monde». Un des slogans des indépendantistes, qui étaient samedi 350'000 à manifester samedi à Barcelone, est «les rues seront toujours à nous».

Cette riche région de 7,5 millions d'habitants est divisée depuis la montée de la vague indépendantiste en 2012. Le dernier sondage publié en juillet réalisé par le gouvernement régional séparatiste de Catalogne donnait 44% de partisans de l'indépendance contre 48,3% d'adversaires.

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La Cour des comptes espagnole a réclamé à l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont et près de 30 autres dirigeants séparatistes 4,4 millions de francs. Il s'agit de la somme dépensée, selon elle, pour organiser le référendum d'autodétermination interdit de 2017. (Mercredi 29 janvier 2020)

La Cour des comptes espagnole a réclamé à l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont et près de 30 autres dirigeants séparatistes 4,4 millions de francs. Il s'agit de la somme dépensée, selon elle, pour organiser le référendum d'autodétermination interdit de 2017. (Mercredi 29 janvier 2020)

AFP
Six séparatistes catalans condamnés à la prison pour la tentative de faire sécession d'Espagne en 2017 sont sortis exceptionnellement de prison mardi pour comparaître devant une commission du parlement régional catalan. (Mardi 28 janvier 2020)

Six séparatistes catalans condamnés à la prison pour la tentative de faire sécession d'Espagne en 2017 sont sortis exceptionnellement de prison mardi pour comparaître devant une commission du parlement régional catalan. (Mardi 28 janvier 2020)

AFP
Le président indépendantiste catalan Quim Torra, condamné pour désobéissance, a perdu lundi son mandat de député régional après avoir été lâché par l'autre grande composante du mouvement séparatiste. (27 janvier 2020)

Le président indépendantiste catalan Quim Torra, condamné pour désobéissance, a perdu lundi son mandat de député régional après avoir été lâché par l'autre grande composante du mouvement séparatiste. (27 janvier 2020)

AFP

Processus de «sécession»

Xavier Dalamantes, 40 ans, employé dans l'industrie pharmaceutique, portait le drapeau espagnol sur ses épaules comme une cape, et dénonçait ce que les indépendantistes appellent le «processus» de sécession.

«Voilà des années que j'essaie de supporter, au début je fermais les yeux mais il y a un moment où il faut sortir et dire ce qu'on pense», a-t-il déclaré à l'AFP. «Ils essaient de faire de la Catalogne un Etat totalitaire».

La marche avait été convoquée par l'association Societat civil catalana (SCC), pour démontrer que les anti-indépendantistes forment «une majorité silencieuse». «C'est un message important pour la Catalogne, l'Espagne et le monde, où l'on confond souvent indépendantisme et Catalogne», alors que «nous sommes la majorité», a déclaré à l'AFP le président de la SCC, Fernando Sánchez Costa.

Mais à quinze jours des législatives du 10 novembre, les dirigeants des partis de droite espagnols et des membres du gouvernement socialiste s'étaient joints à la manifestation.

Le ministre des Affaires étrangères, le catalan Josep Borrell, a dénoncé «un niveau de violence inacceptable, jamais vu depuis les années 80» dans les manifestations indépendantistes après la condamnation par la Cour suprême de neuf leaders séparatistes à de lourdes peines de prison le 14 octobre.

Affrontements

Les principales villes de Catalogne avaient été le théâtre pendant quatre nuits de scènes de combat de rue qui ont fait plus de 600 blessés, dont près de la moitié étaient des policiers.

Samedi soir, la tension est remontée à Barcelone quand après une grande manifestation pacifique, quelque 10'000 personnes ont nargué pendant des heures les unités anti-émeutes de la police catalane, les traitant de «forces d'occupation», et leur lançant des bouteilles, des canettes et des pétards.

Les policiers ont fini par les disperser à coups de matraque et en tirant des balles en mousse. Ces échauffourées ont fait plusieurs dizaines de blessés légers de part et d'autre, selon les services d'urgence de la région et les forces de l'ordre.

«Garantir les libertés»

Pablo Casado, chef du Parti Populaire, principale force d'opposition, a demandé au gouvernement socialiste de «garantir les libertés de tous les Catalans» et de rompre plus nettement avec les indépendantistes.

Arrivé au pouvoir en juin 2018 en partie grâce aux votes des séparatistes catalans, Pedro Sanchez avait entamé avec eux un dialogue qui a vite tourné court. Mais la droite continue à l'accuser de faiblesse envers les séparatistes.

Le chef du parti d'extrême droite Vox, Santiago Abascal, s'est présenté samedi comme le seul à pouvoir relever le défi des indépendantistes. «Face aux trahisons du Parti socialiste, il n'y a que Vox, face au séparatisme criminel, il n'y a que Vox», s'est-il écrié devant 20'000 de ses partisans à Madrid.

Son parti est entré au parlement en avril en remportant 24 sièges sur 350, mais plusieurs sondages récents en font la troisième force au parlement lors du prochain scrutin. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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