Chocolat: Barry Callebaut: bénéfice semestriel en recul
Actualisé

ChocolatBarry Callebaut: bénéfice semestriel en recul

Le chocolatier industriel zurichois pense toujours que l'année en cours restera difficile du point de vue de la rentabilité

Le marché des produits à base de cacao reste tendu.

Le marché des produits à base de cacao reste tendu.

photo: Keystone

arry Callebaut a vu son bénéfice net chuter de 18,5% au premier semestre de son exercice décalé 2015/2016 (clos fin février) à 107,9 millions de francs, affecté par le franc fort notamment. En dépit des difficultés sur le marché du cacao, le chiffre d'affaires du chocolatier industriel zurichois s'est étoffé de 5,6% sur un an à 3,42 milliards.

En volume, les ventes ont crû de 4,5% sur la période à 933'327 tonnes, tandis que le marché mondial des confiseries chocolatées reculait de 2,6%. Une croissance essentiellement organique, a précisé devant les médias le directeur général Antoine de Saint-Affrique, mercredi au siège zurichois du groupe.

«Notre chiffre d'affaires reflète l'impact négatif prévu de la faiblesse du marché des produits à base de cacao et un effet de change négatif important», a relevé le Français. En monnaies locales, les ventes ont progressé de 11,7% sur douze mois, résultat aussi d«une hausse des prix des fèves de cacao.

La performance a été tirée par l'activité de chocolat, dans toutes les régions. En revanche, dans le segment Global Cocoa, les ventes aux tiers se sont vues réduites au profit de l'approvisionnement interne. Les contrats les moins rentables, même certains accords à long terme, ont été volontairement abandonnés.

Dégradation du ratio

La rentabilité de l'industrie du cacao continue d'être mise à mal, malgré un léger redressement. Le ratio combiné, soit le prix de vente combiné du beurre et de la poudre de cacao par rapport au prix des fèves, a atteint en novembre un plus bas historique.

En cause les surcapacités de production combinées à une demande faible en Asie, a expliqué le chef des finances Victor Balli. Dans ce contexte, le groupe a déjà lancé un plan de mesures, y compris de restructuration, sur trois ans, baptisé «Cocoa Leadership».

La fermeture annoncée en novembre dernier d'une usine en Thaïlande et l'abandon d'une ligne de production en Malaisie sont maintenant chose faite. Et le regroupement des activités de services à Lodz, en Pologne, se poursuit.

Ces mesures ainsi que la vigueur du franc ont affecté la rentabilité. Le résultat opérationnel avant intérêts et impôts (EBIT) a fléchi de 8,4% à 200,7 millions de francs, mais a quasiment stagné (-0,3%) hors effet monétaire. Au final, le bénéfice net reflète surtout l'accroissement des charges financières et des taxes.

Moins de cacao

Par segments, Global Cocoa a donc vu ses volumes se tasser de 7,8% sur un an. Les revenus ont eux gagné 4,4% à 1,04 milliard de francs, résultat d'une plus grande sélection de la clientèle. Ici, l'EBIT s'est vu amputé de plus de 45%.

Le volume des ventes de la Région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) s'est enrobé de 6,5% sur fonds de marché en déclin. Le chiffre d'affaires a lui gagné 2,5% à 1,4 milliard de francs, en raison d'une hausse des prix des matières premières.

Dans la région Amériques, les volumes livrés ont bondi de 13,4% et le chiffre d'affaires a bondi de 11,9%. Le segment Gourmet des produits pour confiseurs y affiche même une croissance à deux chiffres dans tous les pays de la zone.

En Asie, où sa part de marché reste encore relativement faible, les livraisons de Barry Callebaut ont pris 12,6%. Elles ont été portées par la demande en produits pour clients industriels et gourmets en Chine et en Inde notamment. Les revenus y ont progressé de 10,4%.

Prudence

Pour la suite de l'exercice, Antoine de Saint-Affrique fait preuve de prudence. «Comme prévu, l'année restera difficile du point de vue de la rentabilité, en raison de la situation actuelle du marché des produits à base de cacao», explique-t-il.

Il table sur une croissance moyenne des volumes de 4-6% à l'horizon 2017/2018. Quant au ratio combiné, la direction n'escompte pas une rechute, mais n'est pas optimiste pour autant.

A la Bourse suisse mercredi, Barry Callebaut grimpait nettement sur le marché élargi. Le bénéfice a quelque peu dépassé les attentes des analystes, alors que le volume des ventes a déçu. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion