Actualisé 24.10.2014 à 07:13

Genève

Baston sauvage sur fond de pénurie de logements

Une mère et son fils assurent avoir été roués de coups par leur logeuse et ses amis. La bailleresse conteste. Des plaintes ont éte déposées.

de
Thomas Piffaretti
Sofia et son fils sont défendus par Me Dimitri Tzortzis (à dr.). (Photo: 20 minutes)

Sofia et son fils sont défendus par Me Dimitri Tzortzis (à dr.). (Photo: 20 minutes)

Des insultes, des menaces et, surtout, une pluie de coups. La cohabitation entre une mère et son fils fraîchement immigrés et la femme qui les logeait aux Charmilles s'est terminée dans le sang et encadrée par la police, le 7 octobre. Sofia*, 57 ans, et son enfant trentenaire sont arrivés en août du Portugal. Sans contacts à Genève et maîtrisant mal le français, ils ont été mis en relation avec une compatriote établie, qui leur a proposé de les accueillir. A partir de là, les versions des deux parties divergent.

«Elle nous réclamait 1200 fr. par mois pour une chambre dans son 6 pièces», explique Sofia. La colocation est bruyante et les activités de certains pensionnaires louches. «Des hommes toujours différents venaient rendre visite aux filles de l'appartement», se souvient la quinquagénaire. Quand elle a voulu quitter les lieux et récupérer le mois d'avance payé, les choses se sont envenimées, raconte-elle. La logeuse est venue régler ses comptes avec deux hommes de main. S'est ensuivi une violente rixe. «Ils ont étranglé mon fils et lui ont frappé la tête contre un mur.»

La bailleresse livre une tout autre histoire. Les 1200 fr? C'est le fils qui les a déposés spontanément en caution. «Je ne leur ai pas demandé de loyer.» Elle décrit des locataires irascibles voire hystériques, raison pour laquelle elle s'est fait accompagner le jour de la rixe. Une bagarre que ses locataires auraient d'ailleurs déclenchée. Egalement blessée pendant l'affrontement, elle reste perturbée par les événements. «Je vais porter plainte», souffle-t-elle.

Du côté de Sofia, c'est déjà fait. «Mes clients ont dénoncé de nombreuses infractions. Les faits décrits sont graves», martèle leur avocat Me Dimitri Tzortzis. Selon nos informations, la tentative de meurtre pourrait être avancée. Sofia et son fils, qui comptent trouver un nouvel appartement et rester à Genève, se disent reconnaissants du centre Lavi de soutien aux victimes et du travail de leur avocat qui leur a permis de récupérer leurs affaires restées deux semaines dans la chambre qu'ils avaient désertée.

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