Actualisé 27.04.2008 à 14:31

Bateau espagnol pris en otage: libération contre rançon?

Des pirates ont libéré samedi l'équipage d'un bateau espagnol pris en otage il y a six jours au large des côtes somaliennes. Selon plusieurs sources, 1,2 million de dollars ont été versés.

Madrid assure n'avoir payé aucune rançon.

L'équipage du thonier «Playa de Bakio», composé de treize Espagnols et de treize marins de différents pays africains, a été libéré samedi après six jours de séquestration à bord de leur navire par des pirates armés réclamant de l'argent, a annoncé le gouvernement espagnol.

Le navire faisait dimanche route sous escorte de la frégate espagnole Mendez Nuñez vers les Seychelles, base de la flotte de pêche espagnole en campagne dans l'Océan Indien, où son arrivée est prévue mardi.

Plus d'un million de dollars

Un programme d'assistance aux marins basé au Kenya a assuré qu'une rançon de 1,2 million de dollars (1,25 millions de francs) avait été versée aux pirates somaliens. Un représentant de l'autorité portuaire de Haradhere, dans le centre de la Somalie, a avancé le même montant.

«Le gouvernement n'a payé aucune rançon», a assuré à l'AFP un porte-parole du gouvernement espagnol. «L'armateur a eu des contacts avec des avocats à Londres, mais nous ne savons pas s'il a payé ou non», a-t-il ajouté.

Médiateurs britanniques

Selon la vice-présidente du gouvernement espagnole Maria Teresa Fernandez de la Vega, Madrid «et les armateurs du navire ont collaboré pour trouver une solution à une situation complexe».

Selon le journal espagnol «El Pais», tout indique que l'armateur basque du «Playa de Bakio» a négocié le paiement d'une rançon avec des avocats à Londres. Le quotidien affirme qu'un groupe d'avocats médiateurs britanniques est spécialisé dans ce genre d'affaires.

Pirates faméliques

Dans le même journal, un des membres d'équipages raconte que les preneurs d'otages, au total un vingtaine, étaient des «hommes faméliques» armés de mitraillettes.

Les 26 membres d'équipage ont passé les six jours dans la salle à manger du navire et lorsqu'ils sortaient sur le pont, ils se retrouvaient sous la menace directe d'une arme, selon ce témoignage.

Un voilier de luxe français, le Ponant, avait été pris d'assaut de façon similaire le 4 avril au large de la Somalie. Les 30 membres de son équipage avaient été libérés une semaine plus tard après le paiement d'une rançon de 2 millions de dollars.

Pêcheurs reconvertis

Six des pirates avaient ensuite été capturés par les forces françaises et emmenés en France pour y être jugés.

Les eaux des côtes de Somalie, pays de la Corne de l'Afrique en guerre civile depuis 17 ans, sont considérées parmi les plus dangereuses du monde.

Lourdement armés et bien organisés, les pirates somaliens sont généralement issus de l'ancienne marine de guerre somalienne ou, pour certains, sont des pêcheurs reconvertis dans le banditisme. (ats)

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