Manifestation: Bâtiment de la police bernoise pris pour cible
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ManifestationBâtiment de la police bernoise pris pour cible

Les violents heurts de samedi après-midi entre Turcs et Kurdes sur l'Helvetiaplatz ont eu des répercussions inattendues dans la soirée.

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15.09 Plusieurs politiciens dénoncent les débordements entre Turcs et Kurdes qui ont fait 22 blessés, le week-end dernier à Berne.

15.09 Plusieurs politiciens dénoncent les débordements entre Turcs et Kurdes qui ont fait 22 blessés, le week-end dernier à Berne.

Keystone
Une manifestation a dégénéré samedi (12 septembre 2015) à Berne. Des manifestants ont pris pour cible le bâtiment de la police cantonale.

Une manifestation a dégénéré samedi (12 septembre 2015) à Berne. Des manifestants ont pris pour cible le bâtiment de la police cantonale.

Keystone/Peter Klaunzer
Des affrontements entre des Turcs et des Kurdes se sont produits samedi lors d'un rassemblement à Berne. Une voiture a foncé sur des manifestants.

Des affrontements entre des Turcs et des Kurdes se sont produits samedi lors d'un rassemblement à Berne. Une voiture a foncé sur des manifestants.

Lecteur reporter/Adrian Küpfer

Comme la braise rallume le feu, des manifestants ont pris pour cible le bâtiment de la police cantonale samedi soir à Berne, après que les violences en marge des manifestations turques et kurdes l'après-midi s'étaient calmées. Quand les forces de l'ordre ont voulu riposter, les manifestants se sont réfugiés dans le centre alternatif de la Reithalle tout proche.

Les manifestants du soir s'en sont pris aux policiers en leur reprochant d'être intervenus contre les Kurdes à l'origine d'une contre-manifestation à celle organisée par un mouvement proche du pouvoir d'Ankara. Ce dernier voulait dénoncer le «terrorisme» dans le cadre du conflit actuel opposant Turcs et Kurdes.

Mais la police est intervenue avec de gros moyens pour s'interposer face aux deux parties, ce qui a été considéré par les manifestants du soir comme une «action de protection des fascistes turcs». Au moins 22 personnes ont été blessées, dont cinq agents, et un chien policier. Plusieurs personnes ont été interpellées, a précisé la police dimanche dans un communiqué.

Manifestation turque autorisée

La manifestation turque avait été autorisée sur l'Helvetiaplatz, mais avant même qu'elle ne débute, plusieurs centaines de sympathisants kurdes s'y étaient rassemblées afin d'empêcher son déroulement. Dans un communiqué, la police cantonale indique avoir proposé aux contre-manifestants un autre endroit pour se réunir, en vain.

Les forces de l'ordre ont donc décidé d'évacuer la place. Des manifestants ont alors agressé les policiers, blessant certains d'entre eux, précise le communiqué. Quant aux Turcs, ils avaient été priés par la police de se tenir à distance, mais certains n'ont pas respecté la consigne et se sont approchés de l'Helvetiaplatz, provoquant des escarmouches.

Tous coupables

Les deux groupes se sont rendus responsables de violences, précise la police. Certains des protagonistes étaient armés d'objets contondants et il a fallu utiliser du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc.

En soirée, le bâtiment de la police, qui abrite également le tribunal régional, a été la cible de jets de bouteilles, de pierres et d'engins pyrotechniques, a précisé dimanche la police. Personne n'a été blessé.

Interrogé dimanche sur le site internet du «Bund», le chef de la police régionale bernoise Manuel Willi indique que ce n'est que grâce à leurs protections que les agents n'ont pas subi de blessures graves. «Des personnes ont frappé les policiers à la tête avec des barres de fer, certains souffrent de graves contusions», a-t-il précisé.

Selon lui, un tel niveau de violence n'avait pas été vu dans la capitale fédérale depuis de nombreuses années. Et lorsque des manifestants recherchent sciemment la confrontation en différents endroits, même un important déploiement policier ne peut empêcher des actes de violence. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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