Bâtiments officiels palestiniens incendiés
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Bâtiments officiels palestiniens incendiés

La violence interpalestinienne a gagné en intensité lundi. Des activistes du Fatah ont incendié à Ramallah les bureaux du gouvernement et du Parlement, dominés par le Hamas, tandis que des heurts meurtriers ont opposé les deux groupes à Gaza.

Les activistes ont mis le feu aux bureaux du Conseil des ministres, au quatrième étage du bâtiment de cinq étages, ont constaté un journaliste et des témoins. Une épaisse fumée noire s'est dégagée.

Les activistes des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa et des centaines de membres des services de sécurité ont pris d'assaut le bâtiment lors d'une manifestation contre la violence partisane dans la bande de Gaza, qu'ils imputent aux islamistes du Hamas. Ils ont brisé des vitres, détruit des ordinateurs et déchiré des dossiers. Puis ils ont incendié le Parlement.

Cette recrudescence de la violence partisane a poussé le président palestinien Mahmoud Abbas, du Fatah, à placer les forces de sécurité en état d'alerte maximale, selon des sources sécuritaires. M. Abbas a donné l'ordre aux forces de sécurité d'empêcher les membres des groupes armés, notamment ceux d'une force paramilitaire du Hamas, de patrouiller dans les rues de Gaza.

Deux morts

Dans la bande de Gaza, un activiste de la branche armée du Hamas et un civil ont été tués dans de nouveaux accrochages interpalestiniens. Les affrontements ont opposé des activistes du Hamas à des membres de la Sécurité préventive, un service fidèle au Fatah à Rafah.

Des centaines de membres des forces de sécurité ont été ensuite dépêchés en renfort à Rafah sur ordre de M. Abbas. La Sécurité préventive et le Hamas se sont accusés mutuellement.

Un membre de la Sécurité préventive a été en outre grièvement blessé par des tirs d'inconnus. Dix-sept autres personnes, pour la plupart des activistes du Hamas et du Fatah, ont été blessées dans les heurts, selon des sources médicales. Trois enfants figurent parmi les blessés.

A Khan Younès, plus au nord, un responsable du Hamas, Salah Al- Rantissi, a été brièvement enlevé par des hommes armés. En soirée, un député du Hamas, Khalil Al-Rabaï, a également été kidnappé à Ramallah, avant d'être relâché, selon des parlementaires de son mouvement.

Crise politique

Cet embrasement s'est produit sur fond d'impasse politique. Le référendum convoqué par M. Abbas a donné lieu dans la journée à un affrontement entre députés du Fatah et du Hamas lors d'une «réunion d'urgence» du Parlement.

Après d'âpres échanges, les députés ont voté à une large majorité une proposition soumise par un élu du Hamas, appelant à la poursuite du dialogue entre les mouvements pour tenter de parvenir à une plateforme politique commune et éviter ainsi le recours au référendum.

M. Abbas a en effet fait savoir samedi qu'il était prêt à y renoncer si les factions, notamment le Fatah et le Hamas, parvenaient à une entente, même à la veille du scrutin du 26 juillet. La consultation, rejetée par les islamistes du Hamas qui dirige le gouvernement, porte sur un document qui reconnaît implicitement Israël.

Soutien de Tony Blair

Le Hamas conteste le droit de M. Abbas d'organiser un référendum. Il affirme que la Loi fondamentale, la Constitution de l'Autorité palestinienne, ne le prévoit pas.

Côté israélien, le premier ministre Ehud Olmert s'est dit prêt à tous les efforts pour négocier avec les Palestiniens sur son plan visant à fixer les frontières de l'Etat hébreu. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue Tony Blair. Le premier ministre britannique a encouragé pour sa part les deux parties à atteindre un accord négocié. (ats)

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