Bayer accusé du cancer d’un enfant exposé au Roundup
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Procès à Los Angeles Bayer accusé du cancer d’un enfant exposé au Roundup

Un tribunal américain se penche depuis lundi sur la plainte d’une mère de famille dont le jeune enfant a développé une forme rare et grave de cancer après avoir été exposé à du glyphosate.

Le Roundup, dont le principal ingrédient actif est le glyphosate, coûte cher à l’allemand Bayer depuis que le groupe a racheté son fabricant, l’américain Monsanto, en 2018. 

Le Roundup, dont le principal ingrédient actif est le glyphosate, coûte cher à l’allemand Bayer depuis que le groupe a racheté son fabricant, l’américain Monsanto, en 2018.

AFP

Ezra Clark avait seulement 4 ans en février 2016 lorsqu’il a été diagnostiqué comme souffrant d’un lymphome de Burkitt, une leucémie particulièrement agressive qui peut se diffuser de manière fulgurante à différents organes. Selon la plainte au civil déposée en son nom par sa mère Destiny Clark, l’enfant a été «directement exposé», à de nombreuses reprises, à du Roundup lorsque cette dernière pulvérisait sur sa propriété l’herbicide fabriqué par Monsanto. Et le document, consulté par l’AFP, affirme que les experts de la plaignante «ont conclu, avec un degré de certitude médicale raisonnable, que l’exposition d’Ezra au Roundup était un facteur significatif» dans l’apparition de ce cancer. Un tribunal de Los Angeles a commencé lundi à se pencher sur cette plainte.

Risque cancérigène

Les avocats de la plaignante accusent Monsanto d’avoir connu «depuis des décennies» le lien entre le glyphosate, principal ingrédient actif du Roundup et d’autres herbicides, et l’apparition de cancers. Ils reprochent en outre à la firme agrochimique américaine, désormais filiale du géant allemand Bayer, de n’avoir pris en compte dans ces tests que le seul glyphosate, sans examiner l’impact cancérigène du produit final, un mélange de cet ingrédient avec de nombreuses autres substances. «Si la plaignante avait connu les risques associés à l’usage du Roundup à l’époque, elle ne l’aurait pas utilisé», plaident-ils, demandant des dommages et intérêts d’un montant non précisé. Bayer continue quant à lui à défendre l’innocuité de son produit.

Multiples procédures

Depuis le rachat en 2018 de Monsanto, Bayer affronte une salve de procédures aux États-Unis liées au Roundup. A tel point que le groupe allemand a annoncé cet été qu’il allait enregistrer une provision supplémentaire d’un montant brut de 4,5 milliards de dollars pour faire face aux conséquences potentielles de poursuites liées au glyphosate devant les tribunaux américains. Bayer avait signé en 2020 un large accord de plus de 10 milliards de dollars pour mettre fin aux quelque 125'000 plaintes. Mais un juge américain a rejeté en mai dernier une partie de ce plan, qui aurait limité le coût des futures réclamations en recours collectif.

De futures victimes?

Selon le juge, l’accord ne protégeait pas suffisamment les intérêts des personnes qui ont utilisé le Roundup avant février 2021 et n’ont pas encore été diagnostiquées d’un lymphome non Cand, un cancer du système lymphatique. Le Roundup est classé «cancérogène probable» par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une émanation de l’OMS. Bayer réfute de son côté cette caractérisation.

(AFP)

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