Ski alpin: Beat Feuz fête ses 25 ans avec une victoire
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Ski alpinBeat Feuz fête ses 25 ans avec une victoire

Le Suisse s'est fait un beau cadeau en remportant la descente de Sotchi. Didier Cuche a terminé à une décevante 12e place.

Beat Feuz se rappellera longtemps de son 25e anniversaire. Le Bernois a fêté son quart de siècle en triomphant lors de la descente de Sotchi (Rus).

Sur la piste des JO 2014, pour la première fois au programme en Coupe du monde, Feuz a devancé le Canadien Benjamin Thomsen et le Français Adrien Théaux. Chahuté sur la partie sommitale, très tournante, l'Emmentalois a fait la différence au cours la seconde moitié du tracé, où sa condition physique, sa maîtrise des sauts et sa science de la glisse ont fait des merveilles.

«Cela restera inoubliable»

«Je ne pouvais pas rêver d'une plus belle journée», a affirmé Beat Feuz. «Cela restera inoubliable. J'ai 25 ans, je suis le premier vainqueur à Sotchi et j'ai même eu droit aux félicitations de Dmitri Medvedev (réd: le président russe) !», a-t-il lâché.

Le coureur de Schangnau est aussi revenu sur sa tactique pour dompter la piste de Rosa Khutor: «Je n'ai pas été très à l'aise sur le haut du parcours. Cela avait déjà été la cas aux entraînements. Je n'ai donc pas paniqué et j'ai attendu la partie qui me convient le mieux. J'ai pris beaucoup de risques et cela a passé», a-t-il raconté.

«J'aime bien cette piste. Elle récompense les descendeurs complets. C'est dommage que les Jeux olympiques n'aient pas lieu l'année prochaine. Je n'ai pas envie d'attendre jusqu'en 2014», a-t-il ajouté.

Quatrième victoire en Coupe du monde

La quatrième victoire de Feuz en Coupe du monde a été menacée jusqu'au bout par Thomsen. Avec son dossard 27, le skieur de Colombie-Britannique (24 ans) a échoué à 27 centièmes de la première place. Il a ainsi confirmé qu'il était bien la révélation de cette fin de saison, lui qui avait déjà bluffé son monde à Chamonix le week-end dernier (5e avec le dossard 50).

Cuche «sur des oeufs»

Pas loin du podium, Carlo Janka a pris la 5e place. Un résultat encourageant pour le Grison qui vit une saison délicate. Didier Défago a aussi repris quelques couleurs en renouant avec le top 10 (10e). «Cette piste me plaît. Je me réjouis d'y défendre mon titre dans deux ans», a commenté le champion olympique 2010.

La déception du jour est venue de Didier Cuche. Le Neuchâtelois a dû se contenter du 12e rang. Hormis le couac de Wengen (15e), le roi de la descente n'avait jamais été si mal classé cet hiver dans la discipline reine. Le skieur des Bugnenets a expliqué qu'il n'avait pas trouvé les bons réglages sur la neige russe.

«J'avais connu des problèmes de 'grip' lors des deux derniers entraînements. Du coup, pour la course, j'ai exagéré au niveau de mes réglages. Je me suis retrouvé à skier sur des oeufs», a-t-il imagé. «Beat est en très grande forme. Sur une si longue descente (réd: 2'15 environ), il a prouvé qu'il avait la condition physique et le mental pour briller. Un grand champion est né cet hiver», a-t-il ajouté à propos de son jeune coéquipier.

Suspense pour les globes

A la Coupe du monde de descente, Cuche a vu Klaus Kröll (8e) et Feuz fondre sur lui. Avec encore deux épreuves au calendrier, il pourrait difficilement y avoir davantage de suspense: Cuche devance l'Autrichien et le Bernois de respectivement 27 et 28 points.

Les descendeurs se retrouveront le 3 mars à Kvitfjell (No). Une piste sur laquelle tant Cuche (2007, 2010), Kröll (2009) que Feuz (2011) ont déjà gagné. Autant dire qu'il faudra attendre le 14 mars et les finales de Schladming (Aut) pour savoir si Cuche soulèvera son cinquième globe de descente.

En attendant ce dénouement, Feuz tâchera de s'adjuger un autre globe, celui du super-combiné. Dimanche à Sotchi, le Bernois doit combler un retard de 16 points pour chiper le trophée à Ivica Kostelic. Au vu de la démonstration de Feuz samedi et des difficultés du Croate (29e à 2''67), la cote de l'Emmentalois est en hausse.

Bluff ou vérité, Feuz a affirmé ne pas trop penser à ces globes. «Je mets peut-être de la pression sur les autres coureurs. Mais de mon côté, je reste calme. Je n'ai rien à perdre et je me contente de prendre du plaisir», a reconnu ce grand amateur de poker. (ats)

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