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Avions de combatBeaucoup de questions restent toujours ouvertes

Les explications du chef du Département de la défense Ueli Maurer et des cadres de l'armée sur le choix du Gripen comme prochain avion de combat n'ont pas convaincu.

La lumière doit être faite sur le processus d'achat du Gripen, exigent la plupart des partis et les commissions de politique de sécurité des Chambres. Au lieu d'apporter des clarifications, de nouvelles questions sont apparues, estime la présidente de la commission de politique de sécurité (CPS) du Conseil national Chantal Galladé (PS/ZH). La CPS invitera la semaine prochaine Ueli Maurer pour s'expliquer, a déclaré la Zurichoise à l'ats. La commission veut savoir exactement qui a eu connaissance de quoi et quand.

La CPS examinera l'importance des rapports d'évaluation qualifiés d'»insignifiants» mardi par Ueli Maurer. Il n'est pas clair quelle a été leur influence dans le processus. S'ils n'ont pas d'importance, pourquoi les avoir effectués, se demande Mme Galladé.

De plus, les rapports publiés durant le week-end parlent du modèle Gripen E/F, que la Confédération envisage d'acheter, et pas uniquement du modèle C/D plus ancien, comme l'a soutenu Ueli Maurer.

Questions ouvertes

La sous-commission de la CPS chargée d'enquêter sur l'évaluation des nouveaux avions de combat se penchera mardi prochain sur le sujet. Pour son président Thomas Hurter (UDC/SH) aussi, des questions restent ouvertes.

Au cas où Berne aurait décidé de lancer un nouvel appel d'offres, les trois fournisseurs Saab, Dassault et EADS doivent être invités officiellement à soumettre les leurs, demande M. Hurter.

Quant au président de la CPS du Conseil des Etats, Hans Hess (PLR/ OW), il espère que des réponses seront bientôt données aux questions en suspens. La commission attend que son homologue du National procède aux clarifications nécessaires avant de prendre une décision.

Partis pas convaincus, sauf l'UDC

L'achat du nouvel avion de combat est de plus en plus opaque, estime le PS. Ueli Maurer et les cadres de l'armée n'ont pas réussi à dissiper tous les doutes: le parti exige donc une clarification détaillée du processus qui a conduit au choix du Gripen.

Tant que ce n'est pas fait, tout accord d'achat doit être gelé avec effet immédiat. Parallèlement, la commission de gestion (CdG), dont les compétences sont plus étendues que la sous-commission du National, doit examiner de près toute l'affaire, demande le PS.

Même son de cloche chez les Verts, qui exigent qu'on arrête l'exercice, la publication des rapports d'évaluation et une clarification des processus par la CdG. Les Verts voient trois raisons à ce chaos: premièrement, il n'existe pas de scénario réaliste justifiant l'achat de nouveaux avions de combat.

Deuxièmement, la Suisse ne peut plus financer une armée de masse qui s'offre en même temps les technologies les plus chères. Enfin, ce manque de transparence achève de saper la crédibilité de toute l'affaire. Les Verts exigent que la CdG prenne les choses en main, mais il faut en exclure les membres qui ont des liens d'intérêt avec des fournisseurs potentiels.

Information chaotique

Le PLR estime que la politique d'information chaotique d'Ueli Maurer laisse une impression de flou. Le parti trouve irritant que le Gripen est toujours valable aux yeux du chef du DDPS et des cadres de l'armée, alors que le rapport d'évaluation le juge à peine suffisant.

Le PLR attend de ces derniers qu'ils lèvent les incertitudes restantes devant la sous-commission du Conseil national. Le PLR est toujours en faveur de nouveaux avions, mais la Suisse doit se prémunir du risque que le Gripen n'atteigne pas les capacités promises. De plus, il ne faut pas fermer la porte trop tôt à d'autres offres.

La confusion régnant autour des Gripen n'est certainement pas favorable à l'armée et au DDPS, estime le PDC. Est-il si difficile d'expliquer ce choix, se demande la porte-parole Marianne Binder. La transparence profiterait à tous, surtout au Parlement, qui devra finalement avaliser le choix de l'avion. La question d'un financement supportable - le Gripen est le plus avantageux - ne doit pas être oublié dans toute l'affaire.

L'UDC n'a rien à ajouter aux déclarations de son conseiller fédéral Ueli Maurer: «Il a tout dit», résume la secrétaire générale du parti Silvia Bär. Enfin, le PBD entend analyser et discuter l'affaire avant de prendre position, probablement en fin de semaine, selon la porte-parole Nina Zosso. (ap)

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