Genève: «Beaucoup de souffrances sont évitables»
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Genève«Beaucoup de souffrances sont évitables»

La Suisse et le CICR ont lancé lundi à Genève la troisième réunion des Etats consacrée au renforcement du respect du droit international humanitaire.

Se référant aux Conventions de Genève, M. Burkhalter a dit regretter que les mécanismes prévus pour surveiller le respect du droit humanitaire se sont jusqu'à présent révélés insuffisants.

Se référant aux Conventions de Genève, M. Burkhalter a dit regretter que les mécanismes prévus pour surveiller le respect du droit humanitaire se sont jusqu'à présent révélés insuffisants.

Dans son discours d'introduction, Didier Burkhalter a appelé les gouvernements à tout faire pour protéger les victimes des conflits armés. Cette réunion doit s'achever mardi.

«Un siècle après le début du premier conflit mondial, trois-quarts de siècle après le début du second et à un moment où notre monde est touché par de graves crises, il est important de rappeler qu'une grande partie de ces souffrances pourrait être évitée si les parties aux conflits respectaient le droit en vigueur», a déclaré le président de la Confédération aux pays membres présents.

Le droit international humanitaire interdit par exemple d'infliger des mauvais traitements à des prisonniers de guerre ou de lancer des attaques contre la population civile. Il contient également des règles relatives à l'accès humanitaire.

Se référant aux Conventions de Genève, M. Burkhalter a dit regretter que les mécanismes prévus pour surveiller le respect du droit humanitaire se sont jusqu'à présent révélés insuffisants. «Le moment est venu, 150 ans après l'adoption de la première Convention de Genève en 1864 d'établir des instruments efficaces», a-t-il insisté.

Moyens concrets

Les consultations des douze derniers mois ont permis aux Etats d'examiner l'opportunité de tels instruments et la façon de les mettre en oeuvre, a rappelé le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) .

Il s'agira maintenant pour les Etats d'institutionnaliser un système de rapports périodiques sur l'application du droit, de tenir des débats thématiques réguliers sur les questions d'actualité liées au droit international humanitaire, et tertio d'instaurer un mécanisme d'établissement des faits qui permettrait de faire la lumière sur des violations alléguées. La prochaine réunion agendée dans une année devrait, selon ses initiants, apporter des moyens concrets.

La Suisse et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) présenteront un rapport sur la question à la fin de l'an prochain.

L'Islam tolérant

Afin de défendre ce «pilier de l'ordre juridique international» qu'est le droit humanitaire, Didier Burkhalter a égrené les exemples dans son discours: «chaque femme violée dans un conflit, chaque prisonnier de guerre maltraité, chaque enfant enlevé, chaque civil tué, chaque attaque contre ceux qui se consacrent à la cause de la protection des victimes, est un drame en trop», a-t-il asséné.

Le patron du DFAE a encore rappelé aux Etats l'existence d'un Islam tolérant. «Dès ses débuts, l'Islam promulguait des règles à caractère humanitaire. Les soldats avaient ordre de ne tuer ni femmes ni enfants ni vieillards. Il leur était recommandé d'épargner les arbres fruitiers et le bétail, et de ne pas détruire de lieux habités. La neutralité des religieux était affirmée», a dit le président de la Confédération, tout en précisant que «ces règles contiennent des principes qui sont toujours d'actualité». (ats)

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