18.08.2020 à 15:06

GenèveBeaucoup d’élèves, peu de bâtiments: l’Etat doit bricoler

Le Département de l’instruction publique annonce de gros Cycles d’orientation, des pavillons provisoires et des collèges mixtes pour absorber les effectifs.

de
Jérôme Faas
Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat genevoise chargée de l’Instruction publique.

Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat genevoise chargée de l’Instruction publique.

keystone-sda.ch

La population genevoise croît, le nombre d’élèves également, et le Département de l’instruction publique (DIP) se creuse la tête: où va-t-il bien pouvoir les caser? La hausse des effectifs est plus rapide que prévu, le nombre anticipé pour 2030 sera déjà atteint en 2025, et les locaux manquent. Le problème promet d’être particulièrement aigu au Cycle d’orientation (CO), qui devra absorber dès 2021 la vague d’élèves qui submergeait jusqu’alors et depuis dix ans l’école primaire. C’est bien simple, de 2021 à 2023, le CO accueillera 1400 élèves de plus qu’en 2019, soit l’équivalent de deux bâtiments entiers – qui n’existent pas.

Bâtir, un cauchemar

L’équation vire au casse-tête au vu du contexte genevois, a rappelé ce mardi la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta lors de la traditionnelle conférence de presse précédant la rentrée des classes. «Si tout se passe bien, dix-douze ans au mieux sont nécessaires pour faire aboutir un projet de construction scolaire pour le secondaire. On a peu de terrains disponibles, les procédures sont longues et complexes, et il n’y a pas une construction à Genève qui n’affronte pas d’oppositions.»

Florilège de retards

Pour illustrer ces difficultés, la conseillère d’Etat rappelle l’exemple de l’école de commerce Raymond Uldry, inaugurée en 2017 à Frontenex avec dix ans de retard, le nouveau CO du Renard à Balexert, d’abord imaginé pour 2021 et qui ne verra pas le jour avant 2024, ou encore les deux établissements prévus en 2025 à Saint-Mathieu, à Bernex, c’est-à-dire le nouveau CO et le Centre de formation professionnelle santé-social, dont l’achèvement est plutôt espéré, aujourd’hui, pour 2028.

Des Cycles à 900 élèves

Dans ces conditions, le DIP bricole. «Chaque fois que l’on peut faire des bâtiments plus grand, on le fait. Les cycles à 900 élèves, c’est une réalité qui arrive», explique Anne Emery-Torracinta. Les Coudriers agrandis, le nouveau Renard et Bernex auront tous les trois cette capacité, alors qu’ils accueillaient jusqu’alors ou devaient accueillir 650 à 700 élèves. Le collège Rousseau va être surélevé pour atteindre une capacité de 1000 étudiants, contre 800 jusqu’à présent. La jauge des futurs bâtiments de l’enseignement secondaire II à Meyrin et aux Cherpines est passée de 1000 à 1400 élèves, le CFP santé-social lui, a bondi de 1500 à 1800.

Le Servette FC aux Evaux

L’utilisation de pavillons provisoires a aussi le vent en poupe. «Quasiment toutes les écoles du secondaire II en ont. Ça commence avec les écoles primaires, au Sapey, à Pré-Picot», et maintenant le Cycle est concerné: pour digérer les 1400 élèves supplémentaires attendus dès 2021, des baraquements jouxteront les CO de la Florence, des Voirets et du Vuillonnex. Par ailleurs, le DIP compte fermement sur la livraison du nouveau Cycle du Renard à Balexert en 2024. «C’est cela l’enjeu majeur pour le CO. Il faut absolument démarrer le chantier en juin 2021.» Pour ce faire, le département annonce que les terrains de sport du Servette FC seront déplacés de manière provisoire au centre sportif des Evaux.

Collèges et ECG réunis

S’ajoutent à ces mesures la volonté d’utiliser les bâtiments existants à leur capacité maximale. En ajustant les horaires, par exemple en raccourcissant les pauses de midi au secondaire II. Mais aussi en déplaçant des élèves en fonction des options disponibles ici ou là, sachant que tout offrir partout n’est plus possible si rentabiliser les espaces devient un impératif. C’est dans ce même esprit qu’Anne Emery-Torracinta explique que «l’idée, à terme, est que les collèges deviennent mixtes avec les écoles de culture générale», afin de s’adapter au mieux au fluctuations d’effectifs et d’éviter les bâtiments peu remplis.

S’habituer à faire de la route

D’une manière générale, l’élue annonce que les parents doivent s’habituer à une nouvelle donne: «Ce n’est pas parce qu’on a une école sous ses fenêtres que son enfant va y aller.» Mais elle dédramatise. «Je rappelle que les élèves des centres de formation professionnelle disposent souvent d’un seul lieu dans le canton. Et Genève est petit, regardez la réalité de ce qui se passe ailleurs, dans le canton de Vaud par exemple.» L’élue appelle par ailleurs la population à renoncer «aux comportements paradoxaux: s’opposer aux constructions d’écoles près de chez soi tout en voulant scolariser ses enfants près chez soi.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
293 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Citoyen sensé

19.08.2020 à 19:05

A qui la faute s'il manque de bâtments et locaux scolaires à Genève? A vous tous, citoyens genevois, qui avez choisi vos élus sur simples photographies! Vos élus ont été choisir pour gouverner et prévoir à long terme, or vous vous rendez compte aujourd'hui qu'à part se remplir les poches et fainéanter, ils n'ont pas fait le job pour lequel vous avez choisi! Vivement les prochaines élections, car pour remplacer ces guignols, vous devrez en choisir d'autres en réclamant leurs CV et leurs références, le tout contrôlable à souhait, exactement comme font les employeurs quand ils veulent engager! Vous pourrez alors faire un choix sensé parmi les CV retenus et oublier ces belles photos vides de sens ainsi que les partis politiques! Vous choisirez des personnes qui feront enfin le job en gérant et prévoyant sur le long terme (10 ans minimum)! Ne croyez plus les partis qui vous enfument ni les candidats de ces mêmes partis qui vous ferons plein de promesses qu'ils ne tiendront jamais!

R. Le Bol

19.08.2020 à 15:46

Le DIP est à l'image de l'Etat de Genève.....totalement incompétent. Le comportement et les décisions de ces fonctionnaires "intouchables" sont simplement aberrantes et loin de toute logique. Aucun sens humain....juste des petits fonctionnaires derrières leurs bureaux quand ils ne sont pas en vacances, et qui pensent tout savoir mieux que tout le monde. Un jour la réalité les rattrapera et peut-être qu'ils comprendront .....mais malheureusement je n'y crois pas. Cela me fait vraiment .... de payer autant d'impôts dans ce canton pour préserver des services d'incompétents.....très difficile d'écrire ce que je pense sans utiliser un certain vocabulaire......Un grand message ne serait pas du luxe dans cette pseudo république..Vous cherchez des sous.....apprenez à gérer votre département au lieu de vous plaindre et de pleurez, mais pour cela il faudrait commencer à réfléchir

Sabine Genève

19.08.2020 à 15:08

Comment financer le tout ? En mettant par exemple un impôt éducatif pour les familles avec enfants qui ne paient en l'état quasi pas d impôts à Genève. Comme d'habitude ce sont toujours les célibataires qui devront passer à la caisse pour payer pour les rejetons qui n'en ont que faire de l'école souvent.