Actualisé 08.01.2013 à 23:10

Afrique du SudBébés infirmes: mamans accros à une gnôle toxique

Des Sud-Africaines boiraient pour accoucher de bébés handicapés et toucher des allocations spéciales.

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arg
Des femmes se soûleraient volontairement au «kah-kah».  (Photo: Sky News)

Des femmes se soûleraient volontairement au «kah-kah». (Photo: Sky News)

L'Afrique du Sud détient un triste record: celui du syndrome d'alcoolisation fœtale, qui entraîne de graves handicaps chez l'enfant (voir encadré). Premier facteur de cette catastrophe sanitaire: les brasseries clandestines, les «shebeens», où les plus pauvres se procurent de l'alcool fait maison.

Un reportage de la chaîne britannique SkyNews dans la province du Cap-Oriental met en lumière les ravages de l'un des breuvages, le «kah-kah». Ses ingrédients: du lait, de la levure et... de l'acide sulfurique. Des femmes en état de grossesse avancée en sont dépendantes. «Si je n'en bois pas, je suis malade», affirme Mary. Elle a déjà quatre enfants et vit dans une cabane avec huit autres membres de sa famille, tous au chômage.

Certains craignent que cette forme d'alcoolisme ne soit entretenue par le système social. Des mères boiraient délibérément afin de donner naissance à un bébé atteint d'un retard ou d'un handicap. A la clé, une allocation mensuelle de 1200 rands (128 fr.), près de cinq fois plus que celle versée pour un enfant valide. Mary admet que ces aides permettraient de «payer l'école» à ses autres enfants.

Effets dramatiques

Le syndrome d’alcoolisation fœtale est dû à la consommation d’alcool par la mère, qui perturbe le développement du bébé. Parmi ses principales conséquences: des malformations, des retards mentaux ou des problèmes comportementaux – tous irréversibles. Dans les pays occidentaux, environ 1% des naissances seraient touchées à des degrés divers. Ce taux monte à 7% ou 8% dans certaines provinces d’Afrique du Sud, selon l’Organisation mondiale de la santé.

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