Actualisé 24.01.2013 à 14:01

Espagne«Bébés volés»: décès d'une religieuse inculpée

La seule accusée dans l'affaire des bébés retirés à leur famille sous le franquisme est décédée à 87 ans.

La soeur avait refusé de parler à la justice, en avril 2012.

La soeur avait refusé de parler à la justice, en avril 2012.

Une religieuse espagnole de 87 ans, Soeur Maria Gomez Valbuena, première et seule personne à être poursuivie dans le vaste scandale des «bébés volés du franquisme», est décédée, a indiqué jeudi une porte-parole du couvent de Madrid où elle résidait.

Interrogée sur des informations de presse annonçant sur son décès mardi, une porte-parole du couvent de la congrégation des «Filles de la charité de Saint Vincent de Paul» a seulement répondu: «effectivement, mais nous n'avons pas plus d'informations».

Le 18 janvier, l'audition de Soeur Maria devant la justice avait été reportée «pour raison de santé». Elle devait être entendue pour un deuxième cas de «bébés volés» où elle était accusée par une mère, Purificacion Betegon, de lui avoir dérobé ses jumelles nées en 1981 à Madrid.

Auditionnée en avril

Soeur Maria Gomez Valbuena avait été auditionnée une première fois par la justice le 12 avril dans le cadre d'une autre enquête sur le vol d'une petite fille en 1982 dans la clinique Santa Cristina de Madrid où elle officiait.

La mère du bébé, Maria Luisa Torres, qui est l'une des seules à avoir retrouvé son enfant, en 2011, accuse la religieuse de lui avoir dérobé sa fille qu'elle avait accepté de lui confier temporairement, contre rémunération, jusqu'à ce qu'elle retrouve une situation financière plus aisée.

L'enquête se poursuit

Les procédures concernant Soeur Maria s'éteignent «mais l'enquête continue évidemment», a affirmé à la presse l'avocat de Purificacion Betegon. «Il y a d'autres enquêtes du tribunal et nous attendons de voir un peu si elles débouchent sur d'autres inculpations», a-t-il ajouté.

Le scandale des bébés volés a éclaté fin 2010 avec les premiers témoignages d'adultes acceptant enfin de briser la loi du silence.

Selon les associations, quelque 1500 plaintes ont été déposées dans toutes l'Espagne. L'une d'elles, Anadir, estime que 300'000 bébés ont pu être volés pendant la dictature de Franco (1939-1975) et jusque dans les années 1980, aucune loi n'étant venue encadrer les adoptions jusqu'en 1987.

Le scandale prenant de l'ampleur, les pouvoirs publics ont pris des mesures pour favoriser les recherches des familles, en facilitant notamment les tests ADN et l'exhumation de corps. (afp)

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