Belgique: encore un procès pour pédophilie
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Belgique: encore un procès pour pédophilie

La Belgique a replongé lundi dans l'horreur de la pédophilie et des meurtres d'enfants.

Le procès d'un homme de 40 ans accusé d'avoir enlevé, violé et assassiné deux fillettes en juin 2006 a débuté devant la cour d'assises de Liège.

Quatre ans après la condamnation à Arlon à la prison à vie du pédophile Marc Dutroux, c'est le même président de cour d'assises qui a ouvert les débats lundi matin au palais de justice de Liège. Le procès doit durer trois semaines.

Sur le banc des accusés, un soudeur marocain né en Belgique a suivi attentivement le début d'un procès déjà très éprouvant pour les familles des victimes.

Innocent

«Il a été présenté depuis des mois comme le coupable, mais j'espère que la présomption d'innocence sera respectée. Un avocat défend son client. Nous plaiderons la position» de l'accusé, a expliqué le défenseur en marge de l'audience.

Depuis le début de cette affaire qui avait bouleversé la Belgique, le quadragénaire a toujours clamé son innocence et demandé que l'on cherche «le vrai coupable».

Durant la lecture de l'acte d'accusation par l'avocat général, dont des passages très durs reprennent les constations des médecins légistes, les mères des victimes (qui étaient âgées de 7 et 10 ans) n'ont pu retenir leurs larmes. Elles ont quitté la salle, prises en charge par des psychologues.

En l'absence de témoins directs et d'aveux de l'accusé, le parquet a détaillé aux 12 jurés - 7 femmes et 5 hommes - un dossier d'instruction reposant essentiellement sur des éléments mis au jour par la police scientifique.

Fibres textiles

L'avocat général a notamment insisté sur l'existence de fibres textiles «croisées» - découvertes sur les vêtements de l'accusé et ceux des victimes - prouvant des contacts «intenses» entre l'homme et les fillettes.

Le quadragénaire est accusé d'avoir enlevé les deux petites filles dans la nuit du 9 au 10 juin 2006 à l'issue d'une braderie organisée dans le quartier Saint-Léonard, l'un des plus défavorisés de Liège.

Toute la soirée, elles avaient joué autour d'un podium à quelques mètres d'un café, où le père d'une des fillettes et la mère de l'autre, qui formaient un couple, passaient la soirée. Les enfants avaient mystérieusement disparu vers 01h30 du matin.

Recherches sans précédent

Après 18 jours de recherches sans précédent menées par des autorités désireuses de ne pas reproduire les erreurs du dossier Dutroux, la protection civile avait découvert les corps des deux petites dans une canalisation bordant une voie de chemin de fer, à quelques centaines de mètres du café. Les analyses ont révélé que toutes les deux avaient été étranglées.

Le soudeur, auteur par le passé du viol de sa nièce de 7 ans et d'une adolescente de 14 ans, avait tout de suite été dans la ligne de mire des enquêteurs.

Vu dans le quartier Saint-Léonard le soir de la braderie, il y avait abordé plusieurs groupes de fillettes et de jeunes filles pour leur proposer d'aller «chercher des tortues» dans les bois. Se sachant recherché, il avait disparu durant trois jours avant de se livrer à la police, le corps couverts d'égratignures.

Il avait ensuite eu beaucoup de mal à expliquer ses faits et gestes le soir de la disparition des fillettes. (ats)

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