Terrorisme: Belmokhtar menace à nouveau la France

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TerrorismeBelmokhtar menace à nouveau la France

Le groupe islamiste armé qui a attaqué le site gazier d'In Amenas (Algérie) sur ordre de Mokhtar Belmokhtar menace de commettre de nouvelles attaques, contre la France notamment.

La France «des croisés et des Juifs sionistes paiera son agression contre les musulmans du Nord-Mali; mais pas seulement, ses valets aussi», a affirmé par téléphone à un collaborateur de l'hebdomadaire français Paris-Match, un porte-parole des islamistes, Joulaybib (de son vrai nom Hacen Ould Khalil).

L'opération d'In Amenas a été «à 90% un succès, puisqu'on a pu atteindre un site stratégique protégé par 800 soldats, avec seulement 40 hommes», aurait aussi indiqué le porte-parole.

Selon Alger, lors de la prise d'otages, 37 étrangers de 8 nationalités différentes et un Algérien ont été tués par un commando de 32 hommes, dont 29 ont été tués et trois arrêtés.

Le message de Mokhtar Belmokhtar

«J'espère que la France se rend compte qu'il va y avoir des dizaines de Mohammed Merah (tué en mars 2012 à Toulouse par la police française après avoir abattu sept personnes) et de Khaled Kelkal (responsable d'attentats sur le sol français dans les années 1990). L'attaque d'In Amenas n'est que le début!», a précisé Joulaybib, selon Paris Match.

Libération d'Omar Abdel-Rahman demandée

Le porte-parole a aussi assuré que son groupe a contacté les autorités françaises pour des négociations, ce que ces dernières ont démenti. Le commando voulait l'arrêt de l'offensive française au Mali contre les islamistes, la libération d'Omar Abdel-Rahman, dit «le cheikh aveugle», détenu aux Etats-Unis pour son rôle dans les attentats du World Trade Center de 1993, et la remise en liberté d'une scientifique pakistanaise, Afiaa Siddiqui, également incarcérée en Amérique pour terrorisme.

Selon Joulaybib, toujours cité par Paris Match, la France aurait renvoyé les preneurs d'otages vers les autorités algériennes, responsables, selon le groupe islamiste, de l'issue meurtrière de la prise d'otages.

Au cours des derniers jours, Mokhtar Belmokhtar, ou son groupe, avaient déjà menacé à plusieurs reprises de commettre de nouvelles attaques si la guerre au Mali menée par la France ne cessait pas.

Cinq étrangers toujours portés disparus à In Amenas

Les autorités recherchaient mardi cinq étrangers toujours portés disparus dans l'attaque islamiste contre le complexe gazier d'In Amenas, dans le Sahara algérien, et tentaient d'identifier sept corps carbonisés découverts sur le site.

Il n'y a «toujours pas de nouvelles des cinq étrangers disparus», a indiqué à l'AFP une source sécuritaire sous couvert d'anonymat, après l'assaut final lancé samedi par les forces spéciales contre un groupe islamiste auteur d'une prise d'otages spectaculaire mercredi dans le complexe d'In Amenas (1.300 km au sud-est d'Alger).

Sept des 38 corps de victimes du commando restent à identifier, indiquait lundi le Premier ministre Abdelmalek Sellal en annonçant le bilan des quatre jours de prise d'otages. Le corps d'un seul Algérien figure parmi eux. Côté assaillants, M. Sellal a fait état de 29 tués et trois arrêtés.

«Deux Algériens et un Tunisien ont été capturés» lors de l'assaut contre le dernier groupe de ravisseurs qui était retranché dans l'usine gazière, a précisé à l'AFP une source sécuritaire qui a requis l'anonymat.

Selon le quotidien arabophone Echourouk, figure parmi les deux Algériens Abou al-Baraa (Abdelkader Derouiche de son vrai nom), donné pour mort jeudi par des sources islamistes.

Travaux de remise en marche

D'Oslo, on a annoncé l'arrivée à Alger d'experts médico-légaux norvégiens pour contribuer si besoin à l'identification des victimes, cinq Norvégiens étant portés disparus. Trois Britanniques sont présumés morts par Londres. Alors que trois Japonais manquent aussi toujours à l'appel, Tokyo a envoyé un avion pour récupérer sept corps identifiés.

«Le site gazier est tellement grand que nous sommes encore en train de chercher des corps», ont indiqué des sources locales, en référence à la quinzaine d'hectares du complexe.

Sur le plan économique, «les travaux de remise en marche du complexe ont commencé», a-t-on indiqué à Alger de source sécuritaire, alors que l'usine avait été mise en dépression après l'attaque. «Mais il faudra attendre une semaine avant que tout ne rentre dans l'ordre».

Les employés du site - sauf ceux toujours en état de choc- ont été rappelés pour relancer la machine, a indiqué cette source qui a ajouté que des spécialistes d'autres sites y seraient envoyés si besoin. Les autorités ont en outre «renforcé la sécurité sur tous les sites» d'hydrocarbures et doublé les barrages, a-t-on indiqué de source sécuritaire. (afp)

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