Actualisé 11.10.2009 à 06:28

Georges Fleury

«Ben Barka a été incinéré dans l'Essonne»

«Pour moi, Ben Barka a été incinéré dans l'Essonne», affirme l'écrivain Georges Fleury, ancien membre des commandos de marine, dans un entretien au «Journal du Dimanche», 44 ans après la disparition de l'opposant marocain en plein Paris.

Il dit avoir eu accès à un «dossier secret» des gendarmes.

Georges Fleury explique avoir reçu ces pages, où figurait partout le sigle «secret», il y a 25 ans, dans un Salon du livre, alors qu'il signait ses ouvrages. Il y découvre que «les gendarmes ont collecté tout un tas de renseignements» en 1965 et en 1966, «auprès d'informateurs anonymes» et que «Pierre Messmer, alors ministre de la Défense, était informé en temps réel» de leur travail.

Et «il y a cette piste étrange», poursuit le romancier. Un informateur livre aux gendarmes «des éléments précis sur deux personnes qui auraient incinéré le cadavre de Ben Barka», «leurs noms, leurs adresses et même le montant de la somme qu'ils auraient touchée pour le faire, 5 millions de francs de l'époque». Puis, «dans un rapport postérieur, ils signalent à leur hiérarchie que les deux suspects ont été interrogés et nient les faits».

«Un peu plus tard», rapporte Georges Fleury, «les mêmes gendarmes vont fouiller une propriété à Villabé», accompagnés «de deux policiers de la préfecture de police. Ils découvrent, sur un tas de cendres, un bout de tissu et un morceau de cuir. Il n'y avait pas d'enquête ADN à l'époque, ces deux éléments matériels sont alors confiés à la brigade de Mennecy, dans l'Essonne».

L'essayiste croit «beaucoup à cette piste» et pose la question de savoir si «elle été exploitée à l'époque» et si elle est «vérifiable aujourd'hui».

Medhi Ben Barka, un opposant au roi Hassan II, a disparu devant la brasserie Lipp à Paris, le 29 octobre 1965. Cette disparition a donné lieu à de multiples rebondissements et à quelques condamnations, insuffisantes selon les proches de Mehdi Ben Barka, qui ont toujours mis en cause Hassan II. Le roi, décédé en 1999, affirmait pour sa part qu'il s'agissait d'une affaire «franco-française». (ap)

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