Actualisé 08.02.2008 à 12:46

Benazir Bhutto a été tuée par le souffle de l'explosion

Benazir Bhutto a été tuée par le souffle de la bombe qui la visait le 27 décembre dernier et non par balle, selon le rapport des enquêteurs de Scotland Yard publié vendredi.

Le parti de l'ancien premier ministre pakistanais a rejeté ces conclusions.

Les experts britanniques ont eu recours à des équipements de très haute technologie pour retracer en trois dimensions la trajectoire des balles que le kamikaze a d'abord tirées en direction de Mme Bhutto avant de faire exploser la bombe qu'il portait sur lui.

Les trois projectiles ont manqué leur cible mais l'un, à travers ses cheveux, a frôlé la tête de Mme Bhutto, soulevant le foulard qui lui couvrait la tête, selon les enquêteurs.

Meeting électoral

L'ex-premier ministre venait de quitter un meeting électoral à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad, en pleine campagne pour les législatives, alors prévues pour le 8 janvier puis reportées au 18 février en raison des émeutes qu'ont provoquées son assassinat.

Elle saluait la foule à travers le toit ouvrant de sa voiture blindée quand, comme l'ont montré des vidéos amateurs, un jeune homme, vêtu à l'occidentale, a ouvert le feu dans sa direction.

Selon Scotland Yard, c'est le même tireur qui a aussitôt déclenché sa bombe, tuant 23 autres personnes. Le souffle a projeté la tête de Mme Bhutto, qui plongeait dans la voiture pour se protéger des tirs, sur le rebord du toit ouvrant, provoquant une fracture du crâne fatale.

Controverse

Une controverse était née sur les causes réelles de la mort de Mme Bhutto. Les conclusions de Scotland Yard confortent la thèse de la fracture du crâne émise dès le lendemain par le gouvernement, et qui avait attisé les émeutes menées par les supporteurs du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Mme Bhutto.

Le mouvement de l'ex-premier ministre avait assuré qu'elle avait été tuée d'une balle dans la tête, ce qui alimentait leurs accusations selon lesquelles l'assassinat aurait été organisé par des caciques du pouvoir et des responsables des services de renseignements.

Le mari de Mme Bhutto avait refusé l'autopsie et, pour couper court à la polémique sur les causes de la mort, le président Pervez Musharraf avait sollicité l'aide de la Grande-Bretagne et de Scotland Yard, dont les experts en médecine légale et en balistique ont travaillé deux semaines au Pakistan.

Réagissant au rapport de Scotland Yard, le PPP a déclaré vendredi qu'il rejetait les conclusions des enquêteurs britanniques. «Nous pensons qu'elle a été tuée par la balle d'un assassin», a répété un porte-parole de la formation.

Al-Qaïda

Pour ce qui est des organisateurs et commanditaires de l'attentat, Islamabad a accusé, tout comme l'agence du renseignement américain CIA, un groupe d'islamistes pakistanais qui a fait allégeance à Al-Qaïda, commandé par le chef d'une tribu du nord-ouest, Baïtullah Mehsud.

Deux «importants terroristes» liés à Baïtullah Mehsud ont été arrêtés jeudi à Rawalpindi, soupçonnés d'avoir participé à l'attentat, selon Islamabad. «C'est une avancée majeure dans l'enquête», a assuré un haut responsable des services de sécurité.

Tirs visibles au mvt des cheveux B. Bhutto Amateur 2envoyé par alizoh8 (ats)

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