Actualisé 21.04.2015 à 16:33

Credit Suisse

Bénéfice de 1,05 milliard de francs au 1er trimestre

Le numéro deux bancaire helvétique a réussi un bon début d'année, en progression de plus de 50% par rapport à la période précédente.

Malgré la nouvelle donne, Credit Suisse a réalisé au premier trimestre 2015 un bénéfice net distribuable aux actionnaires de 1,05 milliard de francs, en hausse de 23% sur un an. L'abolition par la Banque nationale suisse (BNS) du taux plancher du franc contre l'euro et l'introduction de taux d'intérêt négatifs ont eu un impact «limité».

Les décisions prises mi-janvier par la BNS ont constitué l'un des événements les plus importants du premier trimestre et ont fortement modifié l'environnement de marché, indique mardi Credit Suisse. Pour y faire face, la grande banque a mis en place des mesures d'économies d'une part, et de croissance d'autre part.

«Notre réponse rapide et proactive au changement de contexte monétaire et d«environnement des taux d«intérêt suite à l«annonce de la BNS, combinée à l«amélioration de l«activité du marché, a atténué l«impact sur nos résultats», explique le directeur général Brady Dougan. Il se félicite notamment de la vigueur des affaires de gestion pour la clientèle privée (Wealth Management Clients).

Derniers commentaires

L'Américain relève la performance générale trimestrielle «très bonne et constante». Le bénéfice avant impôts des activités poursuivies s'élève à 1,54 milliard de francs, en hausse de 10% par rapport au premier trimestre 2014. Les produits nets ont augmenté de 3% sur un an pour atteindre 6,67 milliards.

C'est la dernière fois que Brady Dougan commente les résultats trimestriels de Credit Suisse. Pour rappel, après 25 années au sein de l'établissement, dont huit à sa tête, il a présenté sa démission pour fin juin. Son successeur, le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, actuel patron de l'assureur britannique Prudential, prendra ses fonctions «à la mi-juin», a confirmé M. Dougan en conférence téléphonique, mais toujours sans préciser la date exacte.

Mardi, à la Bourse suisse, l'action Credit Suisse a clôturé en nette baisse de 2,05% à 26,26 francs, après des résultats trimestriels jugés mi-figue mi-raisin par les analystes. Nombre d'entre eux tablent sur une certaine prudence des investisseurs jusqu'au changement de direction.

Recul des produits

Dans la gestion de fortune, le numéro deux bancaire helvétique enregistre des entrées de capitaux de 17 milliards de francs. Toutefois, la division Private Banking & Wealth Management accuse un recul de 8% sur un an des produits nets, à 2,97 milliards de francs, avec moins de revenus dans la gestion d'actifs. Son bénéfice avant impôts s'est contracté de 18% à 834 millions.

A elles seules, les activités Wealth Management Clients ont généré des afflux nets d'argent frais de 7 milliards de francs, portées par l'Asie-Pacifique, les Amériques et la Suisse. Les sorties totales de capitaux liées au processus en cours de régularisation se chiffrent à 1,4 milliard.

L'unité Investment Banking traduit quant à elle une progression des produits de la vente et du négoce, mais les activités d«émission et de conseil ont connu un démarrage difficile. Les produits nets ont gagné 5% sur un an à 3,6 milliards de francs. Le bénéfice avant impôts du segment a bondi de 14% à 945 millions, après une perte au trimestre précédent.

Objectif d'économies révisé

A fin mars, le groupe a réalisé des économies d'environ 3,6 milliards de francs depuis le lancement de son plan en 2011, précise-t-il. La direction mise sur des réductions de coûts totales de 4 à 4,25 milliards au terme de l'exercice, contre plus de 4,5 milliards visés auparavant. D'ici fin 2017, elle ambitionne 200 millions d'économies supplémentaires.

De janvier à mars, l'exposition à l'endettement a été réduite de 95 milliards de francs, surtout à Investment Banking. Mais le ratio du noyau de fonds propres de base (CET1) selon Bâle III (look-through CET1) s'est péjoré à 10%, après 10,1% fin 2014, ce qui n'a pas manqué d'inquiéter les analystes.

En cause, l'impact monétaire, des rachats saisonniers d'actions pour les plans de rémunérations et des changements réglementaires touchant aux actifs pondérés du risque, a expliqué le chef des finances David Mathers. Ce dernier se déclare confiant de voir «augmenter» ce ratio d'ici la fin de l'année.

Pour l'exercice en cours, le groupe estime que la dynamique se poursuit au deuxième trimestre 2015 et voit une amélioration dans les activités d«émission et de conseil. L'établissement financier se redit engagé à atteindre ses objectifs en matière de fonds propres et d«endettement. (ats)

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!