RUAG: Bénéfice net en sensible baisse en 2012
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RUAGBénéfice net en sensible baisse en 2012

Le groupe d'armement et de technologie suisse Ruag a vu son bénéfice diminuer.

Ruag a vu ses ventes progresser légèrement.

Ruag a vu ses ventes progresser légèrement.

Sous le poids de correctifs de valeur, notamment, RUAG affiche une performance en repli à l'issue de 2012. En dépit de ventes en hausse de 1,6% à 1,74 milliard de francs, le groupe d'armement et de technologie en mains de la Confédération a vu son bénéfice net chuter de 16,9% à 81 millions.

Le résultat d'exploitation avant intérêts et impôts (EBIT) a progressé de 3,7% à 114 millions de francs. La performance confirme la pertinence de la stratégie de renforcement des activités civiles apparentées et de leur internationalisation, a relevé jeudi à Zurich Konrad Peter, président du conseil d'administration du groupe sis à Berne.

Le recul du bénéfice net est dû à un correctif de valeur de 12 millions de francs passé au titre de la cession de Mechanical Engineering sur le site d'Altdorf. A ce montant est venue s'ajouter une perte opérationnelle effective de 6 millions pour les activités abandonnées.

M. Peter, qui dirige ad intérim RUAG depuis le départ, à fin octobre 2011, de l'ancien patron Lukas Braunschweiler chez Sonova, a précisé que le successeur de ce dernier, Urs Breitmeier, se trouve actuellement en formation à Singapour. Le nouveau directeur général entrera en fonction le 1er avril.

Part des activités civiles en hausse

Le succès de cette stratégie bénéficie aussi à son premier client, le Département fédéral de la défense (DDPS), avec lequel le groupe a réalisé pas moins de 36% de son chiffre d'affaires l'an passé. RUAG est ainsi en mesure de lui fournir des prestations à moindre coût et d'assurer sa mission de maintenance et d'équipement des systèmes techniques de l'armée suisse.

A l'image de 2011, RUAG a réalisé plus de la moitié de son chiffre d'affaires à l'étranger, soit 56%, contre 53% un an auparavant. L'Europe y a contribué à hauteur de 45% (42% en 2011), l'Amérique du Nord pour 8% (7%) et la région Asie/Pacifique pour 2% (2%).

Alors que le groupe était quasiment exclusivement tourné vers des clients militaires il y a encore quelques années, les activités civiles ont contribué à plus de la moitié des ventes, soit 52%, contre 48% en 2011. Alors que la croissance organique a atteint 0,9% ou 16 millions de francs, l'acquisition du secteur Defense d'Ascom a apporté des ventes de 18 millions ou 1,1%.

Négatifs, les effets de change ont pesé à hauteur de 0,4%, soit 7 millions de francs. Conformément aux objectifs fixés, les cinq divisions du groupe, Space, Aviation, Technology, Ammotec (munitions) et Defence, ont dégagé des profits.

Chiffres noirs pour RUAG Technology

Produisant notamment des composantes d'ailes et des sections de fuselage pour tous les appareils Airbus, RUAG Technology a retrouvé les chiffres noirs. La division, active aussi dans le recyclage industriel, a dégagé un EBIT de 7 millions de francs, contre une perte de 5 millions en 2011.

Son chiffre d'affaires s'étoffant de 8 millions de francs à 213 millions, RUAG Technology a en particulier réalisé d'importants progrès en matière de productivité dans la fabrication d'éléments aéronautiques. En revanche, RUAG Defence a continué de souffrir des baisses de budgets des Etats.

Axée sur la mise à niveau des systèmes d'armes et équipements de l'armée suisse, notamment, RUAG Defence a vu son chiffre d'affaires fléchir de 25 millions de francs à 414 millions. L'unité a notamment souffert de l'expiration de gros projets tels que ceux pour les chars Leopard et chars de génie. L'EBIT est passé de 38 à 25 millions, en lien notamment avec la restructuration du site de Thoune.

Alors que les ventes de RUAG Aviation sont restées quasiment stables à 486 millions de francs (487), celles de RUAG Ammotec, spécialisée dans la production de munitions, ont progressé, de 312 à 337 millions, tout comme le chiffre d'affaires de RUAG Space, active dans l'aérospatiale, lequel est passé de 275 à 285 millions.

Effectif stable

Evoquant l'avenir, RUAG estime que le contexte de marché va demeurer difficile, compte tenu de la situation des finances publiques en Europe. Le groupe, qui employait 7739 collaborateurs à fin 2012, soit un effectif stable, envisage néanmoins des acquisitions conformément à sa stratégie. (ats)

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