Actualisé 05.05.2006 à 16:29

Bénéfice record en 2005 pour la Bourse suisse

Bouclant un exercice 2005 record, la Bourse suisse (SWX Group) resserre sa collaboration avec son homologue allemande, la Deutsche Börse.

Alors que les tentatives de fusions se multiplient, les deux marchés vont fonder une société commune pour le négoce des produits dérivés titrisés.

Le conseil d'administration de la Bourse suisse a déjà donné son feu vert à une déclaration d'intention en ce sens avec la Deutsche Börse, a précisé à Zurich Heinrich Henkel, le directeur de la SWX. Le document devrait être signé sous peu. Quelques menus détails doivent encore faire l'objet de discussions.

Concrètement, les deux partenaires, qui collaborent déjà dans la plus importante Bourse à terme du monde, Eurex, et dans le fournisseur européen d'indices STOXX, prévoient la réunion de leurs activités de négoce de certificats d'option (warrants) et de certificats dans une nouvelle structure commune. Cette holding, dont la raison sociale n'est pour l'heure pas connue, sera basée en Suisse.

Elle exploitera une Bourse en Suisse ainsi que deux autres en Allemagne. Détenue à parts égales, la société devrait entamer ses opérations en janvier 2007. Du point de vue technique, le négoce s'effectuera dans un premier temps sur plusieurs systèmes, avant de migrer dès fin 2009 sur une plateforme électronique commune.

Des parts à regagner

Avec cette nouvelle collaboration, la Bourse suisse entend regagner des parts dans un marché des produits dérivés titrisés en pleine expansion, a relevé M. Henkel. Celui-ci a attribué le recul au manque de capacités du système de la SWX.

L'an passé, la part au marché européen de la Bourse suisse s'est réduite de 12,7 à 9,2 %. En revanche, ses concurrentes italienne ainsi qu'Euronext, la Bourse commune à la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Portugal, ont elles présenté une croissance, leur part respective passant de 13,1 à 22,1 % et de 3,6 à 6,3 %.

Dans l'intervalle, la Bourse suisse s'est nettement reprise, avec sa nouvelle plateforme «Quotematch». Sa part de marché a retrouvé les 20 %. La troisième entreprise commune avec la Deutsche Börse ne vise pas en premier lieu à réaliser des économies en matière de coûts, mais à saisir un potentiel de croissance, a expliqué M. Henkel.

Et le marché allemand des produits dérivés offre les plus grandes opportunités d'expansion en Europe. La Suisse n'étant pas membre de l'Union européenne (UE), la SWX ne peut pas traiter directement outre-Rhin.

Pas de fusion

La nouvelle coopération ne doit pas relancer la question d'une fusion de la SWX avec une de ses grandes concurrentes européennes. En août 2004, les administrateurs de la Bourse suisse se sont prononcés contre une intégration de la SWX dans une autre organisation boursière», a pour sa part rappelé le vice-président et actuel président ad interim de la SWX, Jacques de Saussure.

En revanche, la SWX étudie actuellement une intégration verticale du négoce en Suisse en créant une société holding avec les prestataires de services SIS Group et Telekurs, a poursuivi M. de Saussure. L'indépendance constitue la troisième option stratégique.

Une situation qui n'a pas empéché la SWX d'afficher une performance record l'an passé. Le bénéfice net de la cinquième Bourse européenne en termes de capitalisation a bondi de 59 % par rapport à 2004, à 89,2 millions de francs. Le résultat avant intérêts et impôts (EBIT) s'est lui envolé de 61 % à 110,4 millions.

Le chiffre d'affaires s'est étoffé de manière plus modeste, de 6 % à 379,5 millions de francs. Par ailleurs, la SWX s'est trouvée un nouveau président pour son conseil d'administration en la personne de Peter Gomez, ancien recteur de l'Université de St-Gall. Il succède à Reto Francioni, qui a pris la direction de la Deutsche Börse. (ats)

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