Actualisé 03.12.2018 à 20:28

HumourBenH: «Rien n'est grave, il faut rire de tout»

Même s'il a passé le cap des 30 ans, l'humoriste français ne compte pas laisser tomber l'enfant turbulent qui sommeille en lui.

de
Sophie Zuber
Avant d'être humoriste, BenH a été employé de banque.

Avant d'être humoriste, BenH a été employé de banque.

Pascal Ito

Cette année, BenH a fêté ses 30 printemps. Pourtant, ce jeune adulte voit la maturité comme une arnaque. L'humoriste français présentera ses arguments lors de son spectacle «Le monde des grands» au Caustic Comedy Club de Carouge, le 7 et le 8 décembre 2018 à 20h30.

Dans quel état d'esprit avez-vous écrit votre spectacle, «Le monde des grands»?

Je me mets dans la peau d'un enfant qui voit le monde avec ses yeux innocents. Le texte a été écrit il y a trois ans, mais il est plus que jamais d'actualité. Peut-être parce que je suis un trentenaire qui ne s'assume pas vraiment (rire).

Ou peut-être parce que le poids du quotidien ne vous fait pas rêver?

Je dirais surtout que je fais de l'humour pour dédramatiser la chose. J'ai besoin de me dire que rien n'est grave et qu'il faut rire de tout. J'aime à penser que ce spectacle est naïf et que j'aborde les sujets tragiques avec bienveillance. Un peu comme un gamin.

A 30 ans, peut-on vraiment dire que nous sommes encore des enfants?

J'aimerais y croire. Il est vrai que c'est surtout l'âge où les autres osent nous traiter de «vieux» sans gêne. C'est aussi la période où tu t'interroges sérieusement sur les thèmes du mariage et de la paternité. Et c'est toutes ces questions que j'aborde dans le spectacle.

A Carouge, c'est l'une des dernières fois que vous jouerez ce spectacle. Pas trop triste?

Il y a évidemment un petit peu de nostalgie mais je suis heureux de ce qu'il m'a apporté. La prochaine aventure sera une suite logique du «Monde des grands».

Vous osez parler de choses dramatiques. Est-ce prendre un risque aujourd'hui?

Si on avait peur de ce que pourraient dire les gens, on ne ferait plus grand-chose. Il est primordial de ne pas s'auto­censurer.

Vous souvenez-vous de vos premières dates en Suisse?

Oui et j'avoue que j'avais un peu peur. Des légendes urbaines racontent que le public helvète est très exigeant. Je me souviens d'avoir fait mes premières dates dans un café-théâtre à Chandolin (VS). Finalement, le public a été était super accueillant. J'ai eu du mal à quitter mes amis du Val d'Anniviers.

Avant de devenir humoriste, vous travailliez dans le domaine bancaire. Comment expliquez-vous ce choc des mondes?

J'ai fait ce travail tout en sachant que je ne voulais pas en faire ma carrière. A côté de cela, j'avais toujours le projet d'écrire un spectacle. Je me me suis toujours mis en tête que les «à cotés» n'étaient que temporaires. Et en même temps, ils m'ont permis d'avoir un pied dans le monde du travail. C'est une très bonne chose.

Vous avez une chronique quotidienne dans l'émission d'Anne Roumanoff sur Europe 1. Comment en êtes-vous arrivé là?

Je présentais mon spectacle au festival «Drôles de Zèbres» à Strasbourg en 2017 et j'y ai remporté le Prix du Jury. C'est là que l'équipe d'Anne Roumanoff m'a approché. C'est une magnifique opportunité et j'ai tellement de plaisir à me réveiller chaque matin pour dire des conneries à la radio.

Découvrez un extrait du spectacle «Le monde des grands»:

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