Actualisé 15.03.2009 à 08:57

Le pape en AfriqueBenoît XVI attendu au Cameroun et en Angola

Benoît XVI entame mardi, à un mois de son 82e anniversiare, un premier voyage d'une semaine en Afrique placé sous le signe de l'engagement des catholiques du continent pour la justice et la paix.

Les destinations du pape sont le Cameroun et l'Angola.

Laissant momentanément derrière lui l'atmosphère de crise au Vatican provoquée par la levée contestée de l'excommunication des évêques intégristes, le pape allemand part à la découverte d'une Eglise dynamique malgré sa pauvreté et les énormes problèmes qu'elle doit affronter.

Selon les statistiques officielles de l'Eglise catholique, le nombre de fidèles y a encore progressé de 3% en 2007 alors qu'il est resté stable sur l'ensemble de la planète.

En 2006, les Africains baptisés catholiques représentaient 17% de la population contre 12% en 1978. Ils cohabitent parfois sereinement, parfois sur un mode conflictuel avec l'islam ainsi qu'avec les autres confessions chrétiennes (pentecôtistes notamment) et les religions traditionnelles.

Les deux destinations - le Cameroun officiellement francophone et anglophone où les relations entre chrétiens et musulmans sont bonnes, et l'Angola lusophone, premier pays africain à avoir été évangélisé - ont été choisies pour donner une portée générale à ce voyage.

L'étape de Yaoundé, où Benoît XVI séjournera jusqu'au 20 mars, sera marquée par une rencontre avec les représentants des épiscopats de 52 pays réunis pour préparer un synode (assemblée) sur l'Afrique prévu du 4 au 25 octobre au Vatican sur les thèmes de la «réconciliation», de la «justice» et de la «paix».

L'Afrique doit «assumer»

Le pape leur remettra le document de travail (en latin «instrumentum laboris») de ce synode préparé au Vatican avec leur contribution.

Une première ébauche («lineamenta») publiée en juin 2006 appelait les Africains à «assumer leurs responsabilités» dans les situations de pauvreté, de corruption, ou encore de guerre que connaissent leurs pays, tout en interpellant les grandes puissances sur leur propre rôle.

Un précédent synode africain avait eu lieu en avril 1994 au moment même où se déroulait le génocide au Rwanda, une tragédie qui n'a pas fini d'interpeller l'Eglise, particulièrement le clergé local dont le rôle avant et pendant les évènements reste controversé.

D'autres conflits déchirent aujourd'hui l'Afrique, notamment au Darfour souvent évoqué par le pape dans ses interventions publiques, en République démocratique du Congo, en Côte d'Ivoire, etc.

Entretiens politiques

En Angola (20-23 mars) qui panse les plaies de 27 ans de guerre civile, le pape s'adressera à la communauté internationale à l'occasion d'une rencontre avec les nombreux ambassadeurs en poste à Luanda. Le programme du voyage prévoit aussi que Benoît XVI rencontrera les autorités politique de chacun des deux pays, le 18 mars à Yaoundé et le 20 mars à Luanda.

Au Cameroun, il célèbrera (19 mars) une messe en plein air dans le stade Amadou Ahidjo de Yaoundé en mesure d'accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes. Sont également annoncées une rencontre avec des représentants de la communauté musulmane et une autre avec «le monde de la souffrance».

A Luanda, où le pape arrivera le 20 mars en milieu de journée, la traditionnelle messe en plein air aura lieu le dimanche 22 mars sur la vaste esplanade de Cimangola. Elle sera suivie par une rencontre avec les mouvements catholiques de promotion de la femme. La veille il aura présidé une rencontre avec des milliers de jeunes dans le stade dos Coqueiros de Luanda.

Du 8 au 15 mai, le pape effectuera un pèlerinage en «Terre Sainte» avec des étapes en Jordanie, en Israël et dans les territoires palestiniens. (ats)

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