Prise de position: Benoît XVI condamne les sévices sexuels des prêtres sur des enfants
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Prise de positionBenoît XVI condamne les sévices sexuels des prêtres sur des enfants

Le pape Benoît XVI a condamné lundi les sévices sexuels exercés par des prêtres sur des enfants, précisant que l'Eglise catholique ne cesserait jamais de déplorer de tels actes.

Depuis des siècles, l'Eglise a manifesté son engagement en faveur du respect dû aux enfants et de leurs droits, a déclaré le souverain pontife aux membres du Conseil pontifical pour la famille. «Malheureusement, dans certains cas, certains de ses membres» ont «violé ces droits, un comportement que l'église n'a pas» cessé de déplorer et de condamner et «ne cessera jamais» de le faire, a-t-il dit.

Benoît XVI s'est exprimé alors qu'il met un point final à une lettre adressée aux fidèles irlandais sur les abus sexuels commis par des religieux en Irlande et sur ce scandale étouffé pendant des années.

Des décennies de mauvais traitements

Rendue publique l'an dernier, une enquête ordonnée par le gouvernement irlandais a mis en lumière des décennies de mauvais traitements et de sévices sexuels commis par des prêtres ainsi que les abus sexuels, physiques et psychologiques dont étaient victimes des enfants accueillis dans des orphelinats, pensionnats et maisons de correction gérés par les catholiques. Les investigations ont en outre montré comment l'Eglise avait dissimulé les abus.

Quatre évêques ont annoncé leur démission pour n'avoir pas alerté les forces de police sur les cas d'abus sexuels. Cependant, le pape a seulement confirmé le départ de l'évêque Donal Murray de Limerick.

A la suite de ces révélations accablantes, Benoît XVI a convoqué l'ensemble des évêques irlandais au Vatican pour une réunion extraordinaire les 15 et 16 février. Il projette de rendre publique ultérieurement une lettre adressée aux quatre millions de catholiques en Irlande.

Des propos «dépourvus de sens»

Survivors Network of those Abused by Priests, une association basée aux Etats-Unis qui soutient les victimes d'abus commis par des prêtres, a jugé que les commentaires de Benoît XVI étaient «dépourvus de sens». «Combien de fois tentera-t-il de détourner l'attention de la complicité» dont se sont rendus coupables des «évêques» pour «se concentrer exclusivement sur les crimes des prédateurs?», s'est interrogée Barbara Dorris, une responsable du groupe.

Au cours de son intervention, Benoît XVI a souligné lundi que les enfants méritaient d'être aimés et respectés par tous, et qu'ils s'épanouissaient mieux dans un cadre familial. (ap)

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