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Attentats à ParisBérénice, l'enfant des deux rescapés du Bataclan

Le soir de l'attaque du Bataclan, Floriane et Johannes, ont perdu leurs conjoints respectifs. Des années plus tard, ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux. Voici leur histoire.

par
vsm
Capture d'écran Radio Canada

Le soir de l'attaque au Bataclan, Floriane, une jeune Parisienne, a perdu Renaud, son amour d'adolescence. «On allait se marier bientôt.» explique-t-elle à Radio Canada. Elle reste cachée, pendant des heures, dans les plafonds d'une loge d'artistes en espérant que son futur mari, perdu dans la foule, échappe aux tireurs fous. C'est le jour suivant qu'elle a appris que ce dernier n'a pas survécu, tout comme 129 autres personnes décédées dans la salle de concert. «Quand mon père m'annonce, le lendemain, que Renaud est décédé, c'est la fin du monde, quoi! Renaud, je l'ai connu quand j'avais 16 ans. On s'est construits ensemble.»

Une seconde chance du destin?

Pour faire le deuil et tenter de reprendre une vie normale, elle a commencé à rencontrer d'autres victimes qui, comme elle, font partie d'une association d'entraide. Et puis un jour, elle tombe sur Johannes à travers un regroupement sur les réseaux sociaux.

Cet Allemand, installé à Paris depuis quelques années, assistait au même concert, au Bataclan. Il a pris la décision de se cacher derrière le bar après avoir perdu sa femme dans la foule. On lui a annoncé sa mort le jour qui suit.

Au gré des discussions et des rendez-vous, les deux survivants tombent amoureux, un peu comme si le destin leur laissait une seconde chance. Cela fait aujourd'hui deux ans qu'ils se sont mariés. Floriane a d'ailleurs donné naissance à une petite Bérénice.

Attentats du 13 novembre: hommage national

Un parcours funèbre jalonné de commémorations: trois ans après, un hommage national est rendu aux victimes des attaques du 13 novembre 2015 avec un cortège qui a relié, du Stade de France au Bataclan, les six lieux des attentats jihadistes les plus meurtriers commis en France

Attentats du 13 novembre à Paris: où en sont les victimes

Il y a trois ans jour pour jour, Paris était sous attaque jihadiste. Le 13 novembre 2015 au soir, neuf hommes avaient mené une série d’attaques aux abords du Stade de France de Saint-Denis et dans la capitale, sur des terrasses de restaurants et dans la salle de concerts du Bataclan, faisant 130 morts et plus de 350 blessés. Trois ans plus tard, le stress post-traumatique est toujours présent.

Se reconstruire à deux

«C'était un peu ce qu'on n'avait pas réalisé de part et d'autre, avec Maud et Renaud, dit Floriane à la radio canadienne. C'était une façon de continuer à vivre pour eux. 'Bérénice', ça veut dire qui porte la victoire. C'est une victoire sur la vie, c'est une victoire sur ce qu'on a vécu aussi... d'être toujours là et de pouvoir continuer à se focaliser sur l'avenir.»

C'est dans un grand appartement, en banlieue parisienne, que le couple se reconstruit ensemble, sans oublier leur conjoint disparu. «On est fragiles, confie Johannes. Chaque étape qu'on franchit nous rend un peu plus résilients, un peu plus forts, quand même.»

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