Actualisé 07.07.2014 à 14:15

Allemagne

Berlin prévoit une vignette à partir de 2016

Berlin va instaurer en 2016 un péage pour les automobilistes, concession de la chancelière Angela Merkel aux alliés conservateurs bavarois qui permet de faire payer les étrangers.

Berlin s'inspire du système suisse.

Berlin s'inspire du système suisse.

Le ministre des Transports Alexander Dobrindt a présenté lundi les grandes lignes du projet, cheval de bataille de son parti CSU, l'aile bavaroise des Unions chrétiennes de Mme Merkel.

Pour les législatives de septembre 2013, la CSU avait fait campagne dans son fief bavarois sur l'introduction d'un péage pour les étrangers, une promesse porteuse dans une région où de nombreux habitants s'acquittent d'une vignette afin de pouvoir emprunter les autoroutes de l'Autriche ou de la Suisse voisines.

Invité à participer au gouvernement de coalition Merkel III, la CSU a posé comme condition l'instauration d'un péage qui mette seulement à contribution les automobilistes étrangers pour financer les investissements nécessaires dans l'infrastructure routière allemande. Pour le moment, en Allemagne, seuls les poids lourds s'acquittent d'un péage.

Le projet de M. Dobrindt prévoit qu'à compter de 2016, les automobilistes soient taxés aussi, sous forme d'une vignette annuelle dont le coût dépendra de l'âge de la voiture, de la cylindrée du moteur et de critères environnementaux, pour un montant de 88 euros en moyenne. La taxe dont s'acquitte déjà tout propriétaire de voiture en Allemagne sera minorée d'autant, de sorte que les automobilistes allemands ne paieront rien de plus, a assuré M. Dobrindt.

Dans les faits, les étrangers seront donc, comme promis, les seuls à payer en plus. Ils pourront acheter une vignette annuelle, une vignette valable dix jours pour dix euros ou bien une de deux mois pour 20 euros. A eux seuls, ils dégageront des recettes d'environ 2,5 milliards d'euros sur quatre ans, a expliqué le ministre. La Commission européenne a d'ores et déjà indiqué qu'elle se mettrait en travers de tout projet qui discrimine les étrangers. Les Pays-Bas et l'Autriche ont fait savoir qu'ils étaient prêts à porter plainte contre le mécanisme.

M. Dobrindt a affirmé lors d'une conférence de presse avoir «cherché le dialogue» avec Bruxelles et s'est dit certain que son projet était conforme au droit européen. (afp)

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