Crise de la dette: Berlin: programme de croissance
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Crise de la detteBerlin: programme de croissance

Berlin a mis au point un programme de croissance sans relance qu'il soumettra à ses partenaires européens.

Le ministère allemand de l'Economie a élaboré un programme de croissance pour l'Europe, dont l'AFP a obtenu copie mardi et qui appelle essentiellement à «exploiter le potentiel du marché commun» et les Etats membres à s'atteler à des réformes.

Programme soumis aux partenaires

Ce document de huit pages doit à la fois être soumis à la fin du mois aux partenaires européens de l'Allemagne, dont beaucoup comme la France réclament avec insistance des mesures de stimulation de la croissance pour accompagner les politiques de rigueur budgétaire à l'ordre du jour en Europe.

Il doit aussi servir de base aux négociations avec les partis allemands d'opposition, dont Berlin essaie d'obtenir le soutien pour le vote au Bundestag du pacte budgétaire dans les semaines à venir.

un appel à une meilleure utilisation des ressources existantes

Orthodoxie budgétaire et croissance sont «deux faces d'une même médaille», selon ce document, qui reprend une des formules favorites de la chancelière Angela Merkel ces dernières semaines.

Mais «la croissance pérenne ne s'achète pas avec des programmes de dépenses publiques, ni avec des interventions étatiques qui biaisent la concurrence, ou avec une politique monétaire trop expansive», poursuit le texte.

Les mesures et projets proposés, réunis sous cinq chapitres, consistent donc essentiellement soit en suggestions de réformes à faire par les Etats eux-mêmes, soit en un appel à une meilleure utilisation des ressources et des mécanismes européens existants.

«Le potentiel du marché commun»

Les pays de l'UE sont ainsi invités à «mettre en place des conditions favorables à l'activité entrepreneuriale», avec une administration compétente; à accélérer les privatisations; à réformer leur marché du travail.

Au niveau européen, «le marché du travail et de l'apprentissage doit devenir plus transparent». La commission doit à cet effet renforcer le réseau de placement Eures, écrit le ministère tenu par le libéral Philipp Rösler.

De manière générale, «il faut continuer à exploiter le potentiel du marché commun», par exemple par le biais d'une meilleure connexion des marchés de l'énergie, la stimulation du commerce en ligne ou encore la construction de réseaux à bande large.

Les services de M. Rösler font également campagne pour «une meilleure utilisation des fonds européens» au service d'une amélioration de la compétitivité. Ainsi «les projets d'infrastructure doivent s'orienter vers un besoin effectif», et la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement (BEI) accorder un soutien technique à leur réalisation.

«Mise en œuvre rapide»

Berlin précise que «le capital de la BEI pourrait être augmenté de 10 milliards d'euros».

Le document appelle aussi à la mise en oeuvre «rapide» du projet-pilote d'obligations européennes dédiées aux grands projets («project bonds»). (afp)

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