Actualisé 24.11.2008 à 16:53

Réunion Merkel-Sarkozy

Berlin refuse de financer le plan de relance européen

La France et l'Allemagne se sont accordées lundi pour coordonner leurs efforts de relance économique face à la récession.

Mais Nicolas Sarkozy n'est pas parvenu à convaincre Angela Merkel de mettre la main à la poche pour soutenir le plan européen concocté à Bruxelles.

Après une heure d'entretien avec la chancelière allemande, le président français a conclu le 10e conseil des ministres franco- allemand en résumant d'une phrase lapidaire les positions des deux pays concernant les mesures de soutien que la Commission européenne doit proposer mercredi à ses 27 membres: «la France y travaille, l'Allemagne y réfléchit».

Devant M. Sarkozy, la chancelière a confirmé ses réticences à ouvrir le porte-monnaie pour financer l'élaboration de ce «paquet» de relance économique, d'un montant estimé à 130 milliards d'euros, soit l'équivalent de 1 % des produits intérieurs bruts des Européens.

«Le risque que nous courons un peu aujourd'hui, compte tenu d'informations qui ne sont pas toujours faciles (à interpréter), c'est que les événements se précipitent», a-t-elle mis en garde lors d'une conférence de presse.

32 milliards d'euros

«L'Allemagne a déjà engagé une bonne partie de ces mesures (de relance)», a aussi poursuivi Mme Merkel, avant de renvoyer au début de l'année prochaine une décision sur son éventuelle participation. «Il y aura une réunion (de son gouvernement de coalition) début janvier et on verra si ce que nous avons fait est concluant», a-t- elle dit.

Défendant bec et ongles son quasi-équilibre budgétaire, la chancelière avait déjà fait savoir qu'elle ne voulait pas «verser un sou de plus» pour le plan de Bruxelles, estimant avoir déjà «fait son devoir» européen en débloquant 32 milliards d'euros sur deux ans pour soutenir son économie.

Partisan d'une «stratégie offensive», Nicolas Sarkozy souhaite de son côté absolument entraîner l'Allemagne, première puissance économique du continent, derrière le plan de Bruxelles, qui doit être proposé à l'adoption des 27 lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre prochains.

Face à la position inflexible de sa partenaire, Nicolas Sarkozy a tenté une explication. «Nos organisations ne sont pas les mêmes: il y a d'un côté un pays fédéral, de l'autre côté un pays qui est plus centralisé», a-t-il relevé.

Accord sur la TVA

Alors, plutôt que s'apesantir sur ce sujet de divergence, le président français a préféré insister sur les nombreuses «convergences» du couple franco-allemand.

«Sur la crise financière, on a agi ensemble, sur l'analyse de la gravité de la situation économique, on a fait le même constat (...) on est d'accord sur la coordination, on est d'accord sur la nécessité de prendre d'autres mesures», a-t-il énuméré, «il y plus de convergences que de divergences, beaucoup plus».

Parmi elles, le refus des deux voisins de recourir à l'arme de la baisse généralisée de la TVA, que le Premier ministre britannique Gordon Brown s'apprêtait à diminuer de deux points.

«Je crois pouvoir dire qu'une baisse générale de la TVA, qui est peut-être la réponse pour certains pays, n'est pas la bonne réponse pour la France et l'Allemagne», a estimé Angela Merkel. «La France partage l'analyse de l'Allemagne», a abondé Nicolas Sarkozy.

Soutien souhaité

Le président français a également insisté sur la résolution de Paris et Berlin à défendre leurs industries automobiles. «C'est notre volonté: défendre l'industrie européenne», a-t-il insisté.

Dans cet objectif, M. Sarkozy et Mme Merkel ont tous les deux insisté sur la nécessité de soutenir l'innovation et la recherche.

S'agissant de la crise financière, le chef de l'Etat français a lui indiqué que Paris et Berlin étaient «decidés à faire en sorte que les décisions de Washington soient vraiment opérationnelles à la fin du mois de mars et du mois d'avril», à temps pour le prochain sommet du G20 après celui qui s'est tenu le 15 novembre dans la capitale américaine.

(ap)

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