En Pologne: Berlusconi attaque Repubblica, son éditeur suisse et son rédacteur en chef
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En PologneBerlusconi attaque Repubblica, son éditeur suisse et son rédacteur en chef

Présent hier en Pologne à Gdansk pour les célébrations du 70ème anniversaire du début de la Deuxième Guerre mondiale, Silvio Berlusconi en a profité pour traîner dans la boue les organes directeurs du quotidien Repubblica.

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atk

Après avoir menacé de bloquer le fonctionnement de la Commission européenne lorsqu'un porte-parole de la Commission avait osé critiquer la façon dont l'Italie renvoyait en Libye les clandestins arrivés par bateau, Berlusconi a maintenant tiré à boulets rouges sur les médias ennemis. Et le premier sur sa ligne de mire a été le quotidien Repubblica.

«Je ne réponds pas à ces personnes», a dit le président du conseil italien au terme de la conférence de presse. «Si ces questions avaient été posées par un autre journal qui n'est pas un super parti politique, d'un éditeur suisse (ndlr. Carlo De Benedetti italo-suisse) et géré par un rédacteur en chef (Ezio Mauro) qui déclare ouvertement faire de l'évasion fiscale, j'aurais répondu», a-t-il ajouté. «Parce que je n'aurais eu aucune peine à le faire». Le président italien se dit également en pleine forme: «Je ne suis pas malade, je suis Superman», s'est-il amusé.

Silvio Berlusconi faisait allusion aux dix questions concernant sa vie privée que le quotidien Repubblica lui pose quotidiennement depuis quelques mois et auxquelles le premier ministre italien n'a toujours pas apporté de réponses. Mais qui ont valu au quotidien transalpin la réclamation de la part du Cavaliere d'un million d'euros de dommages-intérêts pour diffamation.

C'est le président du conseil italien lui-même qui a parlé de sujets d'ordres privés lors de la conférence de presse. Il faisait référence à une conversation qu'il avait eue avec le premier ministre polonais Donald Tusk, en marge des cérémonies. «Puisque certains journaux italiens m'ont fait une publicité très positive», a ironisé Silvio Berlusconi, «je trouve absolument normal de dire la vérité à mes collègues».

«Je n'ai jamais fréquenté de filles mineures et certainement pas mademoiselle Letizia. Je n'ai jamais dû payer de prostituées. Et finalement je n'ai jamais organisé de fêtes privées», a répété le premier ministre italien malgré les nombreux témoignages qui démontrent le contraire. «Il n'y a que des personnes qui souffrent de maladies mentales qui peuvent s'imaginer ce genre de choses», a-t-il poursuivi. «Mais malheureusement la presse italienne avec la complicité de journaux 'amis' étranger m'oblige à mettre les points sur les 'i'. Les leaders étrangers ne me demandent pas ce genre de choses», sourit-il. «Mais de temps en temps, il me complimentent sur ma vivacité et mon charme».

Les frasques de Silvio Berlusconi font les choux gras de la presse internationale depuis le mois de mai dernier. D'abord sa prétendue fréquentation de la mineure Noemi Letizia qui a valu à Silvio Berlusconi la demande en divorce de sa femme Veronica Lario, cette dernière lançant des soupçons sur l'état de santé de son mari. Puis les soirées très privées passées en compagnie de l'escort-girl Patrizia D'Addario. Et finalement les attaques des quotidiens catholiques ont poussé le Cavaliere à répliquer.

Accusé de diffamation depuis vendredi dernier et voyant que la liberté de la presse est de plus en plus bafouée en Italie, le quotidien Repubblica a décidé de lancer une pétition en ligne sur le site repubblica.it. Cette dernière a déjà été signée par quelque 200 000 personnes, parmi lesquelles Umberto Eco, Roberto Benigni, Roberto Saviano, Jovanotti, etc.

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