Actualisé 24.06.2013 à 17:25

«Rubygate»

Berlusconi condamné à sept ans de prison

Silvio Berlusconi a été condamné à sept ans de prison et à une peine d'inéligibilité à vie dans l'affaire du «Rubygate». Une peine effective qu'une fois les possibilités d'appel épuisées.

Silvio Berlusconi, piégé une nouvelle fois par son attirance pour les jeunes femmes, a été condamné lundi par le tribunal de Milan à sept ans de prison dans l'affaire du «Rubygate», à l'issue d'une spectaculaire saga judiciaire de plus de deux ans. Il a aussi été condamné à une peine d'inéligibilité à vie.

Mais cette double peine ne sera effective qu'une fois les possibilités d'appel épuisées. L'ancien président du Conseil italien était poursuivi pour incitation à la prostitution de mineure et pour abus de pouvoir. Le tribunal de Milan constitué de trois juges, toutes des femmes, l'a reconnu coupable dans les deux volets de l'affaire.

M. Berlusconi, âgé de 76 ans, était accusé d'avoir rémunéré une dizaine de prestations sexuelles de Karima El Mahroug, mineure à l'époque, qui se faisait appeler «Ruby la voleuse de coeurs» entre février et mai 2010. Il était également accusé d'avoir fait pression sur la préfecture de Milan dans la nuit du 27 au 28 mai 2010 pour faire libérer Ruby qui avait été interpellée pour un larcin.

Les trois magistrates qui jugeaient M. Berlusconi depuis l'ouverture du procès en avril 2011 ont aussi décidé la transmission des actes de procédure au parquet, en lui demandant d'enquêter sur de possibles fausses déclarations faites par certains témoins pendant le procès.

Sept heures de délibérations

Au terme de près de sept heures de délibérations, la juge Turri a souligné que M. Berlusconi a été condamné pour «abus de pouvoir sous la contrainte», durcissant sensiblement la peine requise par le parquet qui avait demandé «une peine de base» de cinq ans pour abus de pouvoir et une année de plus pour prostitution de mineure.

Un petit groupe d'une dizaine de manifestants a applaudi la condamnation avec des cris de joie et certains ont même entonné l'hymne italien, à l'extérieur du tribunal.

L'un des avocats vedettes du Cavaliere, Niccolo Ghedini, a parlé de «verdict complètement déconnecté de la réalité». Mais il a dit qu'il s'attendait à une peine de cette ampleur.

La fameuse villa d'Arcore

Tous ces faits auraient eu lieu alors que M. Berlusconi était encore chef du gouvernement, dans le cadre de soirées organisées dans sa villa d'Arcore, près de Milan. L'interdiction à vie de tout mandat public sonne comme une humiliation suprême pour un homme qui a été et voulu être le personnage clé de la vie politique italienne des 20 dernières années.

Ses déboires liés à la gent féminine ont commencé bien plus tôt et se sont étalés sur la place publique dès 2009. En mai de cette année-là, sa seconde épouse Veronica Lario demande le divorce publiquement dans une lettre dans laquelle elle dénonce le comportement d'un homme qui «fréquente des mineures».

Elle le dépeint comme «un dragon auquel s'offrent de jeunes vierges», dans une allusion à sa présence aux 18 ans de Noemi, une Napolitaine. Cet épisode s'achève en décembre 2012 quand un tribunal condamne le Cavaliere infidèle à payer trois millions d'euros par mois à son ex-épouse dans le cadre de leur divorce.

En juin 2009, la call-girl Patrizia D'Addario raconte dans le détail une nuit torride de novembre 2008 avec Silvio Berlusconi et publie un livre, «Selon votre bon plaisir, M. le président».

Récurrence du judiciaire

Silvio Berlusconi, qui aura 77 ans en septembre, n'a jamais fait mystère de son goût pour les belles femmes, tout en assurant n'avoir jamais payé pour des relations sexuelles. Il a d'ailleurs aussi nié tout rapport intime avec la jeune Marocaine Karima El Mahroug, au coeur du scandale «Rubygate».

Et pendant toutes ses années au pouvoir, ses problèmes personnels, notamment judiciaires, auront occupé le devant de la scène. Il lui est reproché de se servir de son poste pour faire voter des lois lui permettant d'échapper à la justice ou de défendre sa fortune. M. Berlusconi a été condamné à plusieurs reprises en première instance, mais jamais définitivement. (ats/afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!