Actualisé 24.01.2011 à 16:47

«Rubygate»Berlusconi critiqué par la «patronne»

Silvio Berlusconi a reçu une nouvelle salve de critiques pour le Rubygate de la part de l'influente «patronne des patrons» italiens, Emma Marcegaglia.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a reçu une nouvelle salve de critiques pour le Rubygate où il est soupçonné d'avoir payé les services d'une prostituée mineure, venant cette fois de l'influente «patronne des patrons» italiens, Emma Marcegaglia.

«Quand je suis à l'étranger, je dis toujours qu'il existe une autre Italie, qui se couche tôt et se lève tôt pour aller travailler», a déclaré à la télévision dimanche soir la présidente de Confindustria, la fédération des industriels italiens, à propos du Rubygate.

Mme Marcegaglia, très écoutée dans la péninsule, a dénoncé «un gouvernement complètement paralysé depuis six mois».

Elle avait reproché fin 2010 à la majorité de droite de perdre trop de temps en luttes politiques, après la rupture à l'automne entre M. Berlusconi et son ex-allié Gianfranco Fini.

Audition de call-girls

Les ennuis de M. Berlusconi ont continué lundi avec l'audition de Nadia Macri, témoin à charge important, entendue pour la deuxième fois par le parquet de Milan. Cette call-girl dit avoir fourni deux prestations sexuelles rémunérées à M. Berlusconi et avoir vu à une occasion Ruby, Karima El Mahroug, recevoir elle aussi de l'argent à Arcore, l'une des résidences du Cavaliere, quand elle était mineure.

Comme la loi les y autorise, les avocats de M. Berlusconi ont déposé un dossier «défensif» contenant les témoignages d'une série de jeunes femmes invitées à Arcore qui dédouanent complètement M. Berlusconi.

Le Cavaliere continuait d'affronter la réprobation des milieux catholiques. Des membres du Parti démocrate, opposition de gauche, catholiques convaincus, se sont dits «préoccupés pour la dérive de la vie publique italienne», dans une lettre ouverte.

Les évêques abordent le Rubygate

Dans l'après-midi, les évêques réunis à Ancône, sur la côte adriatique, devaient aborder le Rubygate avec un discours très attendu du chef de l'Eglise italienne, le cardinal Angelo Bagnasco, qui contiendra un «rappel à l'ordre sévère sur la moralité», selon le journal Corriere della Sera.

Jeudi de manière inhabituelle, le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, avait commenté l'affaire, en réclamant «une moralité plus affirmée» et le lendemain, le pape Benoît XVI, même s'il n'avait pas mentionné le Rubygate, avait appelé «société et institutions publiques» à retrouver «leurs racines spirituelles et morales».

Eléments probants

Le parquet de Milan (nord) affirme disposer d'«éléments probants» sur le versement par M. Berlusconi d'argent et la mise à disposition gratuite de logements à des dizaines de starlettes, en échange de prestations sexuelles lors de soirées «bunga bunga» dans ses résidences.

Les délits imputés au Cavaliere sont le recours à la prostitution de mineure quand la jeune danseuse de discothèque Ruby avait moins de 18 ans et l'abus de fonction pour avoir argué de sa qualité de président du Conseil pour la faire libérer quand elle avait été interpellée pour vol présumé en mai.

(afp)

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