Actualisé 24.06.2013 à 07:28

Italie

Berlusconi face au verdict du Rubygate

L'ex-chef du gouvernement italien, amateur de belles et jeunes femmes, connaîtra lundi le verdict du Rubygate, premier procès à caractère sexuel à son encontre.

Silvio Berlusconi aurait eu recours aux services de la «belle» Ruby alors qu'elle était mineure.

Silvio Berlusconi aurait eu recours aux services de la «belle» Ruby alors qu'elle était mineure.

Le Cavaliere, 76 ans, est poursuivi pour abus de pouvoir et prostitution de mineure. Entamé au printemps 2011, ce procès tourne autour des soirées organisées dans la luxueuse villa de Silvio Berlusconi à Arcore, aux environs de Milan. Les soirées «bunga-bunga», auxquelles a participé, parmi d'autres jeunes femmes, la Marocaine Karima El Mahroug, alias «Ruby la voleuse de coeurs», mineure à l'époque.

La procureure Ilda Boccassini a demandé une «peine de base de cinq ans» pour le premier chef d'accusation (abus de pouvoir). M. Berlusconi, alors Premier ministre, aurait utilisé sa position pour faire libérer la jeune Ruby interpellée à Milan pour un larcin.

La peine devrait en outre être «aggravée d'un an» pour avoir rémunéré les prestations sexuelles de cette mineure, un délit en Italie, estime Mme Boccassini. Elle avait assorti son réquisitoire d'une sévère requête d'«interdiction à vie d'exercer toute fonction publique» à l'encontre de l'ex-président du Conseil, sénateur depuis les élections de février.

Au cours d'un long réquisitoire, Mme Boccassini, 63 ans, surnommée «Ilda la rouge» pour la couleur de ses cheveux mais aussi pour son inflexibilité et sa ténacité, avait dénoncé un «système de prostitution mis en place pour la satisfaction sexuelle personnelle de l'accusé Silvio Berlusconi».

«Aucun délit»

La défense du Cavaliere a demandé son acquittement pur et simple. «Silvio Berlusconi doit être acquitté car il n'a commis aucun délit», a affirmé son avocat Niccolo Ghedini. Il a dénoncé «les préjugés» des juges et du parquet à l'encontre de son célèbre client.

«J'ai l'impression de provoquer de l'agacement en tant que défenseur. J'ai l'impression que le parquet ne provoque pas un agacement semblable», a lancé Me Ghedini, dénonçant «une proximité culturelle» entre les juges et le parquet.

Quatre femmes

Ironie du destin, le sort de Silvio Berlusconi est entre les mains de quatre femmes, Mme Bocassini au parquet, et les trois magistrates qui énonceront leur verdict lundi. La cinquième femme de l'histoire, Ruby, a démenti au cours du procès avoir eu des relations sexuelles avec Silvio Berlusconi, tout comme ce dernier.

Le verdict risque d'être peu favorable au Cavaliere selon les spéculations de la presse. Il tombera quelques jours à peine après le rejet par la Cour constitutionnelle d'un recours très important pour Silvio Berlusconi, qui cherchait à obtenir l'annulation d'une condamnation pour fraude fiscale risquant de le priver de tout mandat électoral.

«Soutien loyal»

Pour autant, les déboires judiciaires du Cavaliere ne devraient pas menacer le gouvernement de coalition gauche-droite d'Enrico Letta.

Tout en dénonçant «une persécution judiciaire sans précédent», M. Berlusconi a réitéré cette semaine son «soutien loyal» au gouvernement gauche-droite d'Enrico Letta. Et ce dernier n'a pas vu dans ces affaires une menace pour «la stabilité du gouvernement».

En perte de vitesse

Il est vrai que des élections anticipées ne seraient pas forcément favorables au Cavaliere. Il est donné en perte de vitesse dans les sondages face au Parti démocrate (PD, gauche), redevenu le premier parti dans les intentions de vote des Italiens.

De plus, en cas de condamnation, le magnat des médias fera appel, ce qui rend la peine suspensive. Or depuis son entrée en politique en 1994, si le Cavaliere a été condamné à six ans et cinq mois de prison ferme (pour corruption, faux en bilan, financement illicite d'un parti politique), il a ensuite toujours bénéficié soit d'un acquittement, soit de la prescription. (ats)

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