Italie: Berlusconi perd sa majorité absolue
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ItalieBerlusconi perd sa majorité absolue

ilvio Berlusconi a perdu jeudi sa majorité à la Chambre des députés. Il ne jouit plus que de l'appui de 314 élus sur 630, après la défection de cinq députés.

Les «trahisons» interviennent alors que l'Italie est désormais sous la surveillance du FMI et de l'UE.

Deux députés du Parti de la liberté (PDL) de M. Berlusconi ont rallié le groupe parlementaire du parti démocrate-chrétien UDC. Trois autres élus du petit parti des «Responsables», allié au PDL, ont aussi retiré leur soutien au gouvernement. Cette semaine, deux autres parlementaires de la majorité avaient déjà changé de camp.

Parallèlement, les deux principaux partis d'opposition de centre gauche - le Parti démocrate (PD) et l'Italie des valeurs (IDV) - récoltent actuellement des signatures pour demander un vote de défiance contre M. Berlusconi au parlement.

Le PD veut aussi faire pression dans la rue sur le «Cavaliere». Il organise samedi une grande manifestation dans les rues de Rome et attend plusieurs centaines de milliers de personnes pour cette «Fête pour la démocratie».

Berlusconi droit dans ses bottes

«La majorité tombe en morceaux», titrait vendredi en Une le «Corriere della Sera», principal quotidien du pays. Une perspective rejetée par le gouvernement. Le ministre du travail Maurizio Sacconi a ainsi assuré que le gouvernement «tient».

M. Berlusconi a de son côté déclaré à Cannes qu'il n'avait pas l'intention de démissionner et affirmé que personne d'autre que lui ne pouvait avoir l'autorité nécessaire pour représenter son pays à l'étranger.

Refusant de croire à un renversement rapide de son gouvernement, il a ajouté que les députés de son camp appelant à son départ trahissaient l'Italie en période de crise économique. Et d'annoncer qu'il lierait l'examen des mesures d'austérité par le parlement à un vote de confiance sur son gouvernement.

Transfuges

Le nombre de 314 députés restés fidèles au «Cavaliere» est le même qu'en décembre 2010 quand il avait remporté de justesse un vote de confiance déjà périlleux. Depuis, le président du Conseil, habitué des coups de pokers, avait même réussi à élargir sa majorité en ralliant des élus de l'opposition et du centre.

Parmi ces transfuges figurait le «Lucernois» Antonio Razzi, un des représentants des Italiens de l'étranger élus dans les rangs de la gauche. Certaines voix avaient alors dénoncé des votes «achetés».

Appel de Rome au FMI

Au terme du sommet du G20 à Cannes, M. Belusconi a par ailleurs confirmé avoir fait appel au Fonds monétaire international (FMI) pour «certifier tous les trois mois» la mise en oeuvre des mesures anti-crise de l'Italie. Il a ajouté avoir reçu, et refusé, une offre d'aide financière du FMI, qui «n'est pas nécessaire».

Un peu plus tôt, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avait indiqué que l'Italie, dont la dette colossale et le manque de crédibilité font trembler le G20, avait «décidé de son propre chef de demander au FMI de surveiller la mise en oeuvre» de ses engagements budgétaires et de ses promesses de réformes économiques.

Rome avait déjà accepté que Bruxelles suive la mise en oeuvre des engagements pris le 27 octobre, au sommet de l'Eurogroupe, en matière de retraites, de marché du travail et de réformes structurelles. Mais elle a balayé toute idée de mise sous «tutelle».

Renforcer la crédibilité

Le but de cette surveillance est de «renforcer au maximum la crédibilité des engagements italiens», a expliqué une source européenne. Car «le moindre faux pas, la moindre hésitation, le moindre revirement se paie cher sur les marchés», a souligné une autre source, assurant que M. Berlusconi s'était montré «parfaitement conscient de la gravité de la situation».

Malgré l'adoption cet été de mesures d'austérité, devant permettre à l'Italie de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 et de réduire sa dette colossale (120% du PIB), et des promesses de réformes économiques, les marchés ne semblent plus croire à la capacité de Rome de faire face à la crise.

(ats)

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