Actualisé 11.04.2011 à 14:50

Procès pour fraudeBerlusconi s'en prend à la magistrature

Silvio Berlusconi comparaissait lundi devant une cour milanaise, lors d'une audience où il devait répondre de fraude fiscale.

Silvio Berlusconi comparaissait lundi à Milan.

Silvio Berlusconi comparaissait lundi à Milan.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a profité lundi d'une audience sans grand enjeu devant le tribunal de Milan d'un procès où il est accusé de fraude fiscale pour se lancer dans une attaque en règle contre la magistrature. Celle-ci a été accusée de s'acharner contre lui dans l'affaire du Rubygate.

«Il y a une magistrature qui travaille contre le pays», a déclaré M. Berlusconi reprenant son leitmotiv contre certains «juges politisés de gauche», avant d'entrer en salle d'audience pour le procès Mediaset. Il a estimé qu'il fallait réformer la justice italienne pour éviter qu'elle «devienne une arme de lutte politique».

Le parti d'opposition Italie des valeurs a de son côté accusé M. Berlusconi de «vouloir détruire la justice italienne pour garantir son immunité» en particulier avec la réforme dite du «procès court», en cours d'examen au parlement, qui réduit fortement les délais de prescription.

Rubygate

A propos du Rubygate qui a commencé la semaine dernière, Silvio Berlusconi a dénoncé des «accusations risibles, infondées et démentielles». Dans ce procès, le plus périlleux pour lui, M. Berlusconi est accusé de sollicitation de prostituée mineure et abus de pouvoir.

Selon lui, il n'a fait «qu'aider Ruby», de plus de 50 ans sa cadette, «pour éviter qu'elle ne bascule dans la prostitution» et l'aider à ouvrir un institut d'esthétique. Et l'adolescente «a toujours nié avoir reçu des avances» de sa part.

Fans

A la suspension de l'audience, M. Berlusconi a quitté le tribunal non sans un arrêt de quelques minutes devant quelque 200 partisans équipés de gros ballons bleus et drapeaux du PDL, son parti. «J'ai passé une matinée irréelle», leur a-t-il dit.

Il s'est plaint d'avoir «perdu son temps» de Premier ministre qui devrait «plutôt être en train de défendre l'Italie sur la scène internationale», en marquant des pauses pour les applaudissements comme dans un meeting électoral.

Ses fans, dont certains venus à bord d'autocars affrêtés par son parti, l'avaient attendu pendant deux heures, dansant sur le hit musical de sa campagne victorieuse des législatives 2008: «heureusement qu'il y a Silvio».

Le 28 mars, M. Berlusconi s'était déjà présenté au tribunal de Milan, pour une audience préliminaire à un éventuel procès dans l'affaire Mediatrade (surfacturation de droits de retransmission télévisée), qui avait marqué son retour devant la justice après 8 ans d'absence. Il était en revanche absent mercredi dernier pour le Rubygate.

Procès Mediaset

Dans le procès Mediaset, Silvio Berlusconi est accusé d'avoir artificiellement gonflé les droits de diffusion de films, achetés par des sociétés écrans lui appartenant, lors de leur revente à son empire audiovisuel Mediaset. Le groupe aurait ainsi constitué des caisses noires à l'étranger et réduit ses bénéfices en Italie pour payer moins d'impôts.

Le procès avait été suspendu en avril 2010 après l'adoption d'une loi lui accordant l'immunité pénale pendant 18 mois, partiellement annulée en janvier. Les audiences dans cette affaire ont repris le 28 février.

Même si sa cote de popularité semble avoir souffert de ses démêlés avec la justice, Silvio Berlusconi ne devrait pas être contraint de quitter le palais Chigi. Le verdict du «Rubygate» pourrait prendre des années, ou même ne jamais être prononcé.

Depuis son entrée en politique en 1994, l'entrepreneur milanais, aujourd'hui âgé de 74 ans, a survécu à une dizaine d'affaires judiciaires, la plupart pour des accusations de corruption. (ats)

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