Actualisé 27.01.2011 à 09:42

Enquête Ruby

«Berlusconi veut juste sauver son cul flasque»

Les nouveaux documents transmis par le parquet de Milan à une commission du Parlement italien contiennent des interceptions téléphoniques peu élogieuses pour le Cavaliere.

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«Je n'en ai rien à foutre qu'il soit président du Conseil, c'est un vieux et c'est tout. Moi je m'en fous, je ne veux pas qu'on se moque de moi. Il est en train de se comporter comme un salopard juste pour sauver son cul flasque». Voici la teneur de l'une des interceptions téléphoniques contenues dans les nouveaux documents transmis hier par le parquet de Milan à une commission du Parlement italien pour justifier une demande de perquisition des bureaux du comptable de Silvio Berlusconi, dans le cadre de l'enquête Ruby qui vise le chef du gouvernement, selon le «Corriere della Sera». On y entend tout le ressentiment de Nicole Minetti, 25 ans, conseillère régionale du parti de Silvio Berlusconi. Impliquée dans l'affaire et soupçonnée d'être l'une des organisatrices des fêtes privées, elle devra prochainement se présenter devant les procureurs.

«C'est un vieux, un salopard. Il m'a ruinée la vie», aurait encore dit l'ex hygiéniste dentaire Nicole Minetti, lors d'un autre conversation téléphonique interceptée. «S'il veut me voir il n'a qu'à m'appeler, mais si j'y vais, j'y vais avec les avocats».

Le procureur en chef de Milan Edmondo Bruti Liberati a pour sa part précisé dans un communiqué que «de nouveaux éléments avaient émergé sur l'existence dans les bureaux de Giuseppe Spinelli d'actes et de documents relatifs à l'enquête».

L'affaire Ruby

En annonçant le 14 janvier l'ouverture d'une enquête contre M. Berlusconi, âgé de 74 ans, pour recours à la prostitution de mineure et abus de fonction, les procureurs de Milan avaient expédié un dossier de 389 pages avalisant leurs soupçons.

Dans leur requête de perquisition rendue publique le 17 janvier, les juges ont affirmé détenir des «éléments probants» sur le versement par M. Berlusconi d'argent et la fourniture de logements gratuits à des jeunes femmes en contrepartie de prestations sexuelles.

Ceci n'est pas répréhensible en Italie mais M. Berlusconi est soupçonné dans l'enquête Rubygate d'avoir rétribué les services d'une mineure, Ruby Rubacuori (voleuse de coeurs), de son vrai nom Karima El Mahroug, un délit pour lequel il risque jusqu'à trois ans de prison. Il lui est également reproché d'avoir abusé de sa fonction en la faisant libérer en mai quand elle venait d'être interpellée pour un vol présumé.

Les écoutes téléphoniques et témoignages rassemblés dans la première partie de la documentation transmise par le parquet avaient fait l'objet de fuites embarrassantes pour M. Berlusconi, toute la semaine dernière. Des dizaines de jeunes femmes y racontaient avoir participé à des strip-teases et parties de débauche dans sa villa d'Arcore, près de Milan.

La défense de Berlusconi

M. Berlusconi s'est défendu à travers des vidéo-messages d'avoir fait quoique ce soit dont il pourrait avoir honte. Aussi bien le magnat milliardaire que Ruby ont nié tout rapport sexuel.

Les avocats du chef du gouvernement ont fourni cette semaine à la commission parlementaire et au parquet de Milan un dossier contenant des témoignages à décharge pour M. Berlusconi, parlant de dîners tout à fait normaux et sages et présentant les sommes versées par le Cavaliere à ses invités comme des aides ou des prêts à des nécessiteux. (man/afp)

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