Bernard Tapie perd 135 millions d'euros
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Bernard Tapie perd 135 millions d'euros

La saga judiciaire autour de Bernard Tapie a connu un nouveau rebondissement. La plus haute juridiction française a annulé une décision lui octroyant 135 millions d'euros.

Le litige l'opposait à l'Etat sur la cession du groupe Adidas.

La Cour de cassation avait été saisie par le Consortium de réalisation (CDR), un organisme public chargé d'assumer la gestion passée du Crédit Lyonnais, banque publique au moment des faits mais privatisée depuis.

En septembre 2005, la cour d'appel de Paris avait condamné l'Etat, par le biais du CDR, à verser à l'ex-homme d'affaires français 135 millions d'euros, estimant que le Crédit Lyonnais avait sciemment sous-estimé la valeur du groupe de sport Adidas lors de sa cession à l'homme d'affaires Robert Louis-Dreyfus en 1993-1994.

«Très surpris»

Devant la Cour de cassation, l'avocat général avait requis la semaine dernière confirmation de cette décision, estimant que la banque avait commis «une faute massive» car elle «avait obligation d'informer le groupe Tapie» sur l'offre réelle faite par M. Louis- Dreyfus pour le rachat d'Adidas.

Sa plaidoirie avait donc laissé entrevoir une décision finale favorable à M. Tapie. Contre toute attente, la Cour de cassation a conclu lundi que la Cour d'appel avait commis plusieurs erreurs de droit dans son examen du litige. «Aucune faute n'est en l'état caractérisée à l'encontre» du Crédit Lyonnais, a-t-elle estimé.

L'affaire a été une nouvelle fois renvoyée devant la Cour d'appel de Paris, qui devra la rejuger intégralement. Dans une première réaction, Bernard Tapie, 63 ans, s'est dit «très surpris» d'une décision dont il a contesté les motivations.

«Opération politique»

Symbole de la réussite dans les années 1980 en France, M. Tapie - devenu comédien- estime avoir été victime dans l'affaire Adidas d'une «opération politique» visant à «l'éliminer». Il réclamait à l'origine près d'un milliard d'euros à l'Etat pour compenser le préjudice subi, selon lui, lors de la vente du groupe Adidas.

Lorsqu'il a été nommé ministre de la Ville en 1992, Bernard Tapie avait confié à sa banque partenaire, le Crédit Lyonnais, le soin de revendre Adidas pour un montant égal ou supérieur à 317 millions d'euros.

La banque va trouver en secret un accord avec M. Dreyfus pour lui vendre Adidas le double du prix demandé et va, en attendant, se porter acquéreur d'une majorité des titres de la société.

Fin décembre 1994, M. Dreyfus achète la totalité d'Adidas pour 708 millions d'euros. L'entrée en Bourse d'Adidas est effective quelques mois plus tard: le groupe est alors valorisé 1,67 milliard d'euros. (ats)

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