Rail 2050: Berne a choisi «le repli et l’isolement» et se prend une volée de bois vert
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Rail 2050Berne a choisi «le repli et l’isolement» et se prend une volée de bois vert

Les ambitions de la Confédération en matière de développement du rail sont jugées trop timides et ne permettront pas d’atteindre les objectifs climatiques.

par
Yannick Weber
La Suisse devrait investir pour se connecter aux réseaux à grande vitesse européens, disent les associations.

La Suisse devrait investir pour se connecter aux réseaux à grande vitesse européens, disent les associations.

20min/Marvin Ancian

Atteindre les objectifs climatiques de la Suisse en passant par le rail: c’est loin d’être gagné. Mercredi, le Conseil fédéral a présenté sa nouvelle stratégie, qui consiste à miser sur le développement de l’offre en courtes et moyennes distances plutôt que d’investir dans les grandes lignes. Selon les calculs de Berne, d’ici à 2050, les projets envisagés feront passer la part des trajets qui sont effectués par voie ferroviaire de 21 à 24% du total.

«On ne peut pas sérieusement prétendre qu’il s’agit d’une contribution importante à la réalisation de l’objectif climatique», critique l’association SwissRailvolution, qui milite pour un développement massif des infrastructures. Même la Confédération l’admet: ces trois points de pourcentage représentent «un transfert loin d’être suffisant pour atteindre l’objectif climatique. Selon une étude, il faudrait une part de répartition modale dans le transport de voyageurs d’environ 40%».

La Suisse «contournée»

Faire passer les pendulaires de la voiture au rail est une manière de réduire les émissions de CO₂, faire passer les voyageurs de l’avion au train en est une autre. L’association Ouestrail, qui promeut un développement du rail en Suisse occidentale, s’insurge aussi de l’orientation choisie par Berne. En privilégiant le local plutôt que les longues distances, «la Confédération a fait le choix du repli et de l’isolement».

L’argument: alors que de nombreux pays européens veulent développer le réseau à grande vitesse, la Suisse va regarder le train passer. «Elle se retrouvera isolée et contournée par les grands express européens. Le Conseil fédéral isole la place économique et touristique suisse, or il est indispensable d’offrir des options ferroviaires aux cours et moyens courriers», dit Ouestrail.

Inversion de logique

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