Genève: Berne condamnée à indemniser une clandestine

Actualisé

GenèveBerne condamnée à indemniser une clandestine

Une ressortissante philippine s'est battue six ans pour revoir son fils, resté avec son père à Genève. La justice européenne a penché en sa faveur.

Quelque 16'223 euros d'indemnités pour tort moral, auxquels s'ajoutent 13'000 euros pour ses frais de justice. Mais surtout la possibilité entrouverte de rester à Genève auprès de son fils. Le 30 juillet dernier, Catherine a remporté une victoire éclatante devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui a fini par faire plier Berne, annonce la «Tribune de Genève».

Le cauchemar de cette Philippine de 45 ans débute en 1995, lorsqu'elle débarque dans la cité de Calvin. Clandestine, elle enchaîne les emplois au noir, en tant que femme de ménage auprès de diplomates. La vie est dure, mais elle trouve l'amour. Toutefois, lorsqu'elle tombe enceinte en 2001, les difficultés s'enchaînent. Elle perd son emploi, se brouille avec son concubin et en 2002, elle se voit frappée d'une ordonnance de renvoi.

Elle rentre donc aux Philippines avec son fils, exacerbant encore le conflit qui l'oppose à son ex-ami. En 2004, elle accepte tout de même que son enfant s'envole vers la Suisse pour voir son père. «C'était pour trois mois, raconte-t-elle au quotidien local. Mais il n'est jamais revenu.» S'ensuivent des années de galère et de recours devant la justice, en vain. Alors qu'elle a la garde du garçon, Berne refuse de lui accorder en 2008 une autorisation de séjour. Le Service de la protection des mineurs exclut de renvoyer le bambin scolarisé au bout du lac en Asie.

Finalement, Catherine reprend le chemin de la clandestinité et revient à Genève en 2009. L'année suivante, on lui retire la garde de son fils au profit de son père, mais elle conserve un droit de visite. Pourtant, sans autorisation de séjour en Suisse, difficile de le faire valoir. C'est à ce moment qu'elle décide de saisir la CEDH. Fin 2012, elle obtient une première victoire, sous la forme un permis provisoire d'un an délivré par l'Office des migrations.

Le 30 juillet dernier, la CEDH a enfin estimé que la Suisse avait mis trop longtemps à réunir l'enfant et sa mère. La «Tribune» précise que si Berne ne fait pas recours de cette décision, Catherine pourrait obtenir le droit de rester à Genève.

(20 minutes)

Ton opinion