Actualisé 10.01.2012 à 15:33

Trains de marchandises Berne doit faire des choix

L'Union des transports publics (UTP) pose ses exigences et demande au Conseil fédéral de réagir. L'association regroupant plus de 130 entreprises de transport a présenté mardi un papier de position intitulé «L'avenir du trafic marchandises ferroviaire».

Ce dernier détient une place importante en Suisse en comparaison européenne, reconnaît l'UTP, «mais les conditions-cadres se péjorent sans arrêt».

En ce qui concerne la desserte du territoire, le système actuel par wagons complets isolés «fonctionne bien», assure l'UTP. Les convois de marchandises se forment petit à petit, les wagons étant récupérés à différents points de collecte selon les entreprises expéditrices. Toutefois, économiquement parlant, il serait préférable de réduire le nombre de points de desserte, souligne l'UTP.

Si l'on décidait d'une telle concentration du réseau, il serait possible en contrepartie à la Confédération d'organiser et d'indemniser certains convois. Notamment si ceux-ci ne répondent pas aux critères économiques mais que l'on considère qu'ils doivent «néanmoins être effectués sur le rail pour des raisons d'économie nationale».

Par ailleurs, une éventuelle contraction du trafic par wagons complets isolés ne doit pas entraîner une diminution mais un gain de trafic par le rail, selon l'UTP. Pour atteindre cet objectif, le trafic combiné pourrait représenter une alternative intéressante, notamment si l'on «baisse sensiblement le prix du transbordement route-rail et rail-route».

Au Conseil fédéral d'indiquer maintenant quelles options il privilégie, relève Roger Baumann, responsable de la communication de l'UTP. «La Confédération doit donner des impulsions par des financements».

Trafic à travers les Alpes

En ce concerne le trafic transalpin, l'UTP réaffirme son soutien à l'objectif de transfert de la route au rail, fixé dans la Constitution suite à l'initiative des Alpes. Pour y parvenir, il faut surélever les tunnels des voies d'accès au Gothard, rappelle l'UTP.

Il revient donc au «monde politique» de trouver le financement pour le rehaussement à 4 mètres. Un message de la Confédération est attendu cette année sur la question.

En outre, la question des tronçons d'accès en Allemagne et en Italie est toujours en suspens, fait remarquer l'UTP. Les goulets d'étranglement qui y subsistent risquent de n'être pas supprimés au moment de l'entrée en service du tunnel de base du Gothard en 2017. Pourtant, «des variantes bon marché d'aménagement sont possibles au sud, notamment sur la ligne de Luino (I)».

L'UTP soutient également l'idée d'une bourse de transit alpin au niveau international. Dans ce dossier toutefois, les négociations avec l'Europe sont difficiles et la Suisse «doit fermement marchander face aux contradictions de l'UE en matière de trafic».

Conditions-cadres en faveur du rail

La faîtière souhaite que les conditions-cadres continuent à favoriser le rail par rapport à la route. L'interdiction de circuler la nuit et le dimanche pour les poids lourds est ainsi remise en question, assure M. Baumann.

Par ailleurs, la mise en circulation de «gigaliners» de 60 tonnes en Allemagne voisine est vue comme une menace. Il ne s'agit certes pour l'heure que d'un test, concède M. Baumann. Mais avec un tonnage supérieur de 40% aux poids lourds actuels, l'introduction de ces camions mettrait en péril le transfert de la route au rail.

Enfin, la concurrence entre le trafic marchandises et le trafic passagers pour accéder au réseau inquiète l'UTP. Sur des lignes surchargées, les trains de marchandises «sont de plus en plus perturbés par des arrêts et des temps d'attente forcée pour laisser la priorité au trafic voyageur».

(ats)

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